Avraham B.Yeoshoua est né en 1936 à Jérusalem au sein d’une des plus anciennes familles séfarades de la ville, depuis cinq générations en Israël. Son surnom, «Bouli» est à l’origine de la lettre B qui a été rattachée à son nom. Il étudie tout d’abord la littérature et la philosophie à l’Université hébraïque et plus tard, il s’en va habiter à Paris où il dirige l’école où les enfants des employés de l’ambassade d’Israël étudient. Durant cette période, il est également le secrétaire de l’Union mondiale des étudiants juifs. Ses premiers essais paraissent dans la presse quotidienne. A partir de 1950, il devient maître de conférence en Littérature hébraïque à l’Université de Haïfa.
A.B. Yeoshoua écrit tout d’abord dans un style surréaliste et abstrait. Toutefois, par la suite, il passe à un style plus réaliste et puise son inspiration dans la psychologie et dans la vie quotidienne de la société israélienne. Ses héros sont généralement incapables de prendre des décisions et d’agir et ils restent suspendus entre l’intention et l’action. Très souvent, c’est leur volonté de sortir de leur solitude qui les incitent à réagir.
Yeoshoua ne se contente pas d’écrire des romans, il publie de nombreux articles politiques dans la presse locale, dans lesquels il est question de sujets touchant à la société israélienne, à la relation entre Israël et la diaspora et autres. Il est connu pour son engagement en faveur du processus de paix avec les Palestiniens et il a participé à la proposition du plan de Genève.
Quelques unes de ses déclarations pour vous donner un aperçu de ses idées :
– «Mon identité est israélienne, la religion juive n’y joue aucun rôle. Le territoire et la langue ont forgé mon identité d’Israélien»â€¦«Je suis depuis cinq générations en Israël, c’est un détail que je n’oublierai jamais de rappeler dans ma biographie»â€¦«On peut comparer l’identité israélienne à un mets en train de cuire, en ébullition, dont le goût change constamment. On peut aisément discerner les différents ingrédients du plat, mais ensemble, ils composent un goût commun»
- « La grande erreur du Peuple juif a été de ne pas rejoindre en masse la Palestine en 1917, au lendemain de la déclaration Balfour. Il aurait non seulement aidé à créer l’Etat d’Israël, mais il aurait ainsi échappé à l’Holocauste. Les signes du danger imminent s’accumulaient et malgré cela, il a refusé la révolution sioniste. En choisissant de rester dans l’exil, de même qu’il avait choisi l’exil depuis des siècles car les Nations ne le lui avaient pas imposé, le Peuple juif est devenu moralement co-responsable de ce qui lui arrivé pendant la guerre»
- «On n’a pas à négocier avec le Hezbollah, ce sont des étrangers venus d’Iran, mais ceux du Hamas sont des Palestiniens, il faut parler avec eux, comme on a fini par le faire avec l’OLP»
A.B. Yeoshoua a reçu plusieurs prix littéraires et en 1995, le Prix d’Israël de Littérature lui est décerné. Ses romans connaissent un grand succès, y compris à l’étranger et nombre d’entre eux ont été traduits en plusieurs langues étrangères.
Actuellement, il réside à Haïfa.
Bibliographie
Mot ha zaken, (La mort du vieil homme – nouvelles) 1962
Moul ha yaarot (Faire face aux forêts – nouvelles) 1968
9 sipourim (9 histoires – nouvelles) 1971
Bi thilat kaïtz (Au début de l’été 1970) 1972
Chlocha yamim vé tinok (Trois jours et un enfant – nouvelles) 1975
Layla bé may (Une soirée en mai – pièce) 1975
Ha zhout lé normaliout, (Le droit à la normalité – essai) 1980
Ha méahev (L’amant – roman) 1977
Guéroushim méouharim (Un divorce tardif – roman) 1982
Molcho, (roman) 1987
Mar Mani (Mr Mani – roman) 1990
Ha shiva mi Hodou (Le retour d’Inde – roman) 1994
Masah el tom ha élef (Voyage au bout du Millénaire – roman) 1997
Ha kala haméchahréret (La mariée libérée) 2001
Le Responsable des ressources humaines – Calmann-Lévy
Israël, un examen moral - Calmann-Lévy












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