Albert Cohen (1895-1981) fut un diplomate et surtout un écrivain exceptionnel : «La nécessité première de mes livres», écrira Albert Cohen, «a été de dire mon amour pour le Peuple juif et de dire sa grandeur» Il est entre autres l’auteur du sublime chef d’oeuvre « Belle du Seigneur «
Albert Cohen est né le 16 août 1895 à Corfou, en Grèce au foyer de commerçants juifs. Son grand-père était le président de la communauté juive de l’île. Sa famille est chassée de Grèce, et ils se réfugient à Marseille. Albert Cohen y poursuit ses études secondaires et au lycée, il se liera d’amitié avec Maarcel Pagnol.
En 1914, il part faire ses études de Droit à Genève et en 1919, il devient citoyen suisse.
Il se met alors à écrire et en 1921, il publie ‘Paroles Juives‘, un recueil de poèmes. Il poursuivra avec des romans évoquant la vie des Juifs sur l’île grecque de Céphalonie.
Parallèlement, il se lance dans une carrière de diplomate dans les grandes organisations internationales, comme délégué du mouvement sioniste auprès de la Société des Nations à partir de 1925, puis au Bureau international du travail. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le général de Gaulle à Londres et, en 1945, il devient le conseiller juridique du Comité intergouvernemental pour les réfugiés, puis deux ans plus tard, de retour à Genève, celui de l’Organisation internationale des réfugiés (remplacée en 1952 par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés)
«La nécessité première de mes livres», écrira Albert Cohen, «a été de dire mon amour pour le Peuple juif et de dire sa grandeur»
Son premier roman, Solal (1930), est salué par la critique et remporte un immense succès. En 1938, il publie Mangeclous, roman comique qui s’inscrit dans la continuité de Solal, puis se retire provisoirement du monde des lettres pour se consacrer à la diplomatie.
Ce n’est qu’à partir de 1954, encouragé par sa troisième femme Bella, qu’Albert Cohen revient à l’écriture avec le ‘Livre de ma mère’. L’amour filial lui inspire un émouvant portrait de sa mère, qui a succombé à la peur et au chagrin, à Marseille, pendant l’Occupation.
Trente ans après son premier roman, Albert Cohen achève la fresque juive des Solal avec les Valeureux (1969) et avec Belle du Seigneur (1968), son plus célèbre roman, qui lui vaut le grand prix du roman de l’Académie française.
La condition juive, le sentiment d’exclusion et l’amour du Peuple juif sont les principaux thèmes de l’œuvre d’Albert Cohen. L’antisémitisme a chassé sa famille de Corfou, l’a poursuivie à Marseille et c’est avant tout pour défendre la dignité de son peuple qu’il se lancera dans l’écriture. Ses derniers livres, dont ‘Le livre de ma mère’, sont autobiographiques.
Il meurt à Genève le 17 octobre 1981, à l’âge de 86 ans et sera enterré au cimetière israélite de Veyrier.
Albert Cohen a publié Paroles juives en 1921, Solal en 1930, Mangeclous en 1938, le Livre de ma mère en 1954, Belle du Seigneur en 1968, les Valeureux, en 1969, Ô vous, frères humains en 1972 et Carnets en 1978.
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