André Neher, rabbin, écrivain et philosophe juif français, a profondément marqué l’histoire du judaïsme français et a participé à son renouveau au lendemain de la Shoah, de même entre autres, que Manitou, Jacob Gordin, Emmanuel Levinas.
André Neher est né à Obernai, en 1914, dans une communauté juive du Bas-Rhin, au début de la première guerre mondiale.
En 1927, la famille Neher s’installe à Strasbourg. André Neher fait des études d’allemand. Reçu premier au CAPES, en 1936, il commence à enseigner l’allemand dans un collège de Sarrebourg tout en poursuivant ses études. Parallèlement, il apprend la Tora et le Talmud à la synagogue orthodoxe de Strasbourg et à la yéchiva de Montreux.
En septembre 1939, il est mobilisé. Une fois réformé, il rejoint sa famille. En juin 1940, les Neher se réfugient en Corrèze, dans le Sud-Est de la France. André Neher y sera professeur, mais très peu de temps, car le Statut des Juifs promulgué par le régime Vichy, l’exclut de l’enseignement.
En 1947, André Néher soutient sa thèse de doctorat d’Etat et cette même année, il épouse Renée Bernheim, qui sera pour lui une compagne et une collaboratrice tout au long de sa vie.
« Vivre la vie d’un Juif n’est pas un malheur, mais un privilège, un dur bonheur »
Au lendemain de la guerre, il tente de répondre à la détresse des rescapés de la Choa en faisant entendre la voix du judaïsme pour rejeter le sentiment de désespoir qui habite les Juifs à cette époque.
Il participera au renouveau du judaïsme français. A cette époque, Jacob Gordin et Osi Wallach animent d’importants séminaires d’études juives. A Orsay, Manitou enseigne à une jeunesse assoiffée de connaissances juives. A Strasbourg, André Neher s’impose rapidement comme un des maîtres à penser de la nouvelle génération par son enseignement et par son œuvre importante, ressourcée dans la tradition juive.
En 1955, André Neher publie L’essence du prophétisme, en 1956, Moïse et la vocation juive et en 1960, Jérémie. En 1962, avec son épouse, il écrit L’histoire biblique du peuple d’Israël.
En 1955, André Neher devient titulaire de la chaire de Littérature juive créée pour lui à l’Université de Strasbourg. Il obtient l’insertion de l’hébreu parmi les langues vivantes dans les programmes des universités françaises.
A Strasbourg, André et Renée Neher accueillent les Juifs d’Algérie, de Tunisie et du Maroc et les aident à s’installer dans la région. André Neher se dévoue au judaïsme de France dans le cadre du Congrès Juif mondial et dans celui du mouvement des Amitiés judéo-chrétiennes. A cette époque, André Neher écrit deux livres : L’existence juive, en 1962 et L’exil de la Parole, qui sera publié en 1970, après son installation en Israël.
Dès l948, André et Renée Neher considéraient que la résurrection d’Israël, de son peuple, de son Etat, de sa langue et de sa culture, faisait partie du processus de la Gueoula.
»Ayant personnellement expérimenté, successivement, les deux situations, je crois pouvoir témoigner que le sentiment qui est susceptible de résumer, de synthétiser ce qu’éprouve le Juif qui est dedans, l’intérieur, par opposition à celui qui est dehors, c’est qu’à Jérusalem, tout est capital – ce n’est pas un jeu de mots – tout est essentiel…
.. La déchirure, je ne l’aperçois pas comme séparant le Juif de la diaspora du Juif de Jérusalem. Je crois d’une foi parfaite en l’unité du Peuple juif… En diaspora, j’étais déchiré idéologiquement, soit homme dans la rue et Juif à la maison, soit l’inverse, Juif fier dans la rue et homme tout simplement à la maison.












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