Très récemment s’est créé en Israël un mouvement pour l’élection d’une femme à la présidence de l’Etat. Derrière cette initiative se trouvent des organisations féminines, des organisations sociales et des personnalités publiques. La candidature de Colette Avital – la seule femme pour l’instant – à cette haute fonction a replacé la députée travailliste sous les feux de la rampe.
Colette Avital naît en 1940 à Bucarest en Roumanie…à une date chère au Parti Travailliste : le 1er mai ! Durant sa petite enfance, elle doit porter l’étoile jaune et se voit mise à l’écart par ses camarades de classe. A la fin de la guerre, la famille désire émigrer en Israël, mais suite au refus du régime communiste, son alyah ne sera possible qu’en 1949. Très éloignée alors de la tradition juive, ne sachant ni l’Ivrit et n’ayant pas de connaissances juives, Colette Avital se souvient que sa scolarité à Tel-Aviv aura fait d’elle « une autre personne ».
Après son service militaire, Colette Avital entreprend des études en Sciences Politiques où elle obtient une Licence, puis une Maîtrise en Administration Publique. Pour financer ses études, elle travaille déjà pour le Ministère des Affaires étrangères. A la fin des années 1960, elle entame une carrière diplomatique, qui l’amènera à Bruxelles, Boston, Paris, Lisbonne (elle y sera ambassadrice) et New-York (Consul général). A son retour en Israël, elle est nommée au poste de Vice Secrétaire du Ministère des Affaires étrangères, avec la responsabilité du très important secteur « Europe occidentale ». Sa connaissance de sept langues, – dont un français sans accent acquis au Collège des Frères à Jaffa, son caractère discret, réfléchi et prudent, sa tenue toujours impeccable, seront des atouts non négligeables dans ces différentes fonctions de diplomatie. Certains rajoutent aujourd’hui qu’ils font aussi d’elle une candidate idéale pour le poste qu’elle brigue !
C’est en 1999, lors des élections à la 15e Knesset que Colette Avital franchira le pas de l’entrée en politique en se présentant aux primaires du Parti Travailliste, Avoda. Pour cela, elle démissionne de ses postes diplomatiques, mais ne réussit pas à atteindre une place éligible sur la liste. Pour sa grande chance, avec l’élection d’Ehoud Barak comme Premier Ministre, les sièges laissés vacants par des députés travaillistes devenus ministres lui permettent du coup d’obtenir un fauteuil de députée. Durant cette législature, elle occupera le poste de présidente de la Commission d’Ethique de la Knesset. Mais en tant que survivante de la Shoa, sa principale activité sera dirigée en faveur des droits des rescapés et de leurs descendants. Elle sera aussi à l’origine d’une Commission parlementaire destinée à rechercher et récupérer les bien spoliés aux juifs durant cette période. Ensuite, elle présidera la Commission de l’Alyah et de l’Intégration.
Colette Avital est définie comme appartenant à l’aile « colombe du Parti travailliste. Au plus fort de l’Intifada, elle se rend à Ramallah pour rencontrer Yasser Arafat. Elle compte aussi parmi les partisans de l’Initiative de Genève. Mais de manière générale, l’activité parlementaire de Colette Avital se concentre davantage sur les questions sociales, éducatives et éthiques que sur celui de la politique internationale et sécuritaire. Au sein du Parti Travailliste, elle s’est située à un moment dans le « camp » de Binyamin ben Eliezer (Fouad), mais depuis les dernières élections, elle s’est rangée derrières les « frondeurs » au Secrétaire Général Amir Peretz, en compagnie d’Ami Ayalon, Avishaï Braverman, Matan Vinaï et Dany Yatom.
Ce n’est pas la première fois que Colette Avital se porte candidate à un poste « masculin ». Elle a été, en avril dernier, candidate au poste de Secrétaire Général de l’Agence juive. C’est cet été qu’elle a évoqué pour la première fois l’éventualité de sa candidature à la présidence de l’Etat, et c’est le mois prochain que se réunira le Comité Central du Parti Travailliste pour désigner le (ou la) candidat (e) du Parti. Si elle était élue, Colette Avital ne serait pas seulement la première femme président, mais aussi la première….célibataire à occuper cette haute fonction !
N.B : A l’heure où nous mettons cet article en ligne, il est question du retrait de la candidature de Colette Avital en contrepartie de sa nomination à la tête du groupe parlementaire travailliste à la Knesset.












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