Vendredi 30 Juillet 2010 - 19 Av 5770

Baba Salé

[Mercredi 03/12/2008 14:28]

Rav Israël Abouhatsira z.ts.l. (ou Abihsirra qui signifie en arabe marocain « le père de la natte », nom rappelant le miracle d’une natte qui s’était changée en bateau), le grand Tsaddik originaire de Tafilalet (Maroc), est connu sous le nom de Baba Salé (Père, prie !) en raison de sa capacité à faire des miracles par ses prières.

Rav Israël Abouhatsira est le descendant d’une illustre famille de Tsadikim séfarades.

 

 

Le Rav Israël Abouhatsira est né le jour de Roch Hachana en 5650/1890 à Tafilalet (au sud du Maroc), d’une prestigieuse lignée remontant à Rabbi Yaakov Abouhatsira. Sachant que le nouveau-né était doté d’une âme particulièrement élevée, son père, Rabbi Messaoud, voulut dès sa naissance lui assurer une vie de sainteté et suivant l’enseignement du Zohar, il demanda à des rabbins de se relayer sur le pas de la porte de l’enfant et d’y étudier continuellement la Tora pour lui faire entendre l’étude.

 

 

L’enfant reçut le nom d’Israël, en l’honneur de Rabbi Yaakov Abouhatsira, son grand-père.

 

 

Contrairement à la plupart des enfants de son âge, le jeune rav Israël n’avait jamais été attiré par les jouets ou par les confiseries. On raconte qu’un jour, son père, le Rav Messaoud Abouhatsira, rapporta un nouveau livre de prières particulièrement beau à la maison. L’enfant demanda à son père de lui en faire cadeau. Mais Rav Mesaoud hésita, craignant que les paillettes ne détournent l’attention de son fils de ses prières.

 

Rav Israël fit une proposition à son père. « Permettez-moi de conclure un marché », lui dit-il : « Vous me donnez le livre de prières et si je prie avec moins de ferveur, vous le reprenez » « C’est entendu », répondit Rav Messaoud.

 

Rav Messaoud n’eut jamais à demander à son fils qu’il lui rende le livre de prières. Rav Israël continua de prier avec ferveur et toute sa vie, il pria pour l’ensemble du Peuple d’Israël.

 

 

Dès son plus jeune âge, il se distingue tant par son intelligence remarquable, que par sa vivacité d’esprit et par son dévouement à l’étude. Il avait neuf ans lorsque son père le fit entrer dans l’association Rabbi Shimon Bar Yohaï, qui constituait la Hevra kadicha, qui était chargée de veiller les malades la nuit, d’assister les mourants dans leurs derniers instants et de veiller en tous points à leur ensevelissement. A travers cette mitsva, le père de Baba Salé voulait habituer son fils à prodiguer le bien envers les hommes de leur vivant et à la fin de leur vie, mais aussi éloigner de lui la peur de la mort, lui inculquer une force de caractère et un esprit d’initiative en toutes circonstances.

 

 

Un jour, Baba Sallé raconta à son père qu’il avait croisé un groupe d’enfants qui s’étaient battus et qu’il s’était mis en colère contre celui qui avait déclenché la bagarre. Le père de Baba Salé profita de l’occasion pour lui prodiguer un enseignement qui fut décisif. Il lui expliqua qu’il était doté d’une âme particulièrement élevée et qu’il était destiné à de hautes missions. Il insista sur le fait que tout ce qui s’échapperait de ses lèvres aurait une portée, que celui qu’il bénira sera béni et celui qu’il maudira, sera maudit. Il lui demanda donc de ne dire que du bien des autres et de ne jamais maudire quiconque. A partir de ce jour, Baba Salé s’efforça de ne voir en tout homme que les aspects positifs de sa personnalité et toute sa vie, il intercéda auprès de D’, au nom de tous ceux qui s’adressaient à lui. Mettant en avant leurs mérites dans ses prières et ses bénédictions, il leur ouvrait les portes de la Miséricorde divine.

 

 

Très jeune, Baba Salé étudie la Tora jour et nuit. A l’âge de 12 ans, en cachette de ses parents, de crainte qu’ils ne l’empêchent d’agir ainsi, le jugeant trop jeune, il se met à jeûner fréquemment et très jeune, il commence à étudier la Kabbala.

 

 

A l’âge de 12 ans, il entre à la yechiva du Abir Yaakov, qui avait été fondée par Rabbi Yaakov Abouhatsira. Il eut pour maître Rabbi Moché ben Yossef Torjman z.ts.l., qui fut pour lui un modèle tout au long de sa vie. Lorsque Rabbi Torjman décéda, Baba Salé ordonna à tous les habitants de la ville de cesser leur travail et il prit lui-même le deuil durant un an, comme s’il était son fils.

 

 

Le rav Torjman, constatant la droiture d’esprit de Baba Salé, comme la profondeur de ses analyses dans l’étude talmudique, le chargea dès l’âge de seize ans, d’assurer un cours à la yeshiva. Cette même année, il épousa Friha Amsallem, qui fut pour lui une précieuse compagne tout au long des nombreuses années de leur mariage. Lorsque Baba Sallé eut dix sept ans, il le nomma à sa place à la tête de la yeshiva.

 

 

Lorsque les Français conquirent l’Afrique du Nord au moment de la Première guerre mondiale, les habitants arabes de la région de Tafilalet déclarèrent une guerre implacable aux Français et ne tardèrent pas à s’en prendre aux Juifs et leur chef publia un décret appelant à massacrer les Juifs de Tafilalet. Rabbi David implora D’ et lui demanda de le laisser mourir pour « la sanctification du nom de D’ et de faire par sa mort le rachat des fautes de la communauté tout entière »

 

 

Après la mort de Rabbi David, les Juifs de Tafilalet décidèrent de s’en aller. Baba Salé conduisit la communauté à Boudenib, à 120km de Rissani. Il prit en charge les réfugiés, rouvrit la yéshiva, la dirigea et fit d’elle un puits de Tora qui forma de grands maîtres.

 

 

En 5681 (1921) Baba Salé effectue un séjour en Erets Israël durant lequel il étudiera avec les Sages de Jérusalem de l’époque. Tous ceux qui l’approchent sont impressionnés tant par son érudition que par son humilité.

 

De retour au Maroc, il se consacre à sa communauté et durant les années qui suivirent, il se rendit plusieurs fois en Erets Israël. 

 

 

En 5724 (1964) , une fois que la plupart des Juifs du Maroc sont montés en Israël, Baba Salé décide de réaliser le rêve de sa vie en partant vivre en Erets Israël et en se consacrant à l’étude de la Tora.

 

 

Après un bref passage à Lod, puis un séjour à Jérusalem, il est appelé par les habitants de la ville de Nétivot, pour la plupart originaires de Nétivot, à s’installer dans leur petite ville.

 

 

Au bout de peu de temps, Baba Salé devient célèbre pour les miracles qu’il accomplit et nombreux sont les Juifs qui se rendent auprès du rav pour recevoir une bénédiction. Sa maison a toujours été ouverte à tous.

 

 

Une des histoires les plus célèbres, est celle de la visite d’un jeune soldat qui se rendit auprès de Baba Salé et qui lui raconta qu’il avait été blessé durant la Guerre de Kippour. En effet, il avait reçu une balle dans le dos et malgré de nombreuses opérations, il était resté paralysé. Une de ses jambes était dans un tel état, que les médecins voulaient l’amputer. Baba Salé lui demanda s’il mettait les Tefilin chaque jour et s’il respectait le chabat. Le jeune homme lui répondit qu’il ne le faisait pas. Baba Salé lui répondit que dans ce cas, il pouvait s’estimer heureux qu’une seule de ses deux jambes soit dans un tel état. Le jeune homme fondit en larmes. Le rav lui demanda s’il respecterait la Tora s’il réussissait à le faire tenir debout et le jeune homme acquiesça. Immédiatement après avoir reçu la bénédiction du rav, il parvint à se mettre debout sans l’assistance de personne. Ceci n’est qu’un des innombrables récits illustrant les miracles que Baba Salé parvint à obtenir par ses ferventes prières. 

 

 

Baba Salé eut beaucoup d’influence sur les Juifs du pays et particulièrement sur ceux de la région, qui peu à peu, se mirent à observer les règles de la Tora. 

 

 

Baba Salé est décédé le 4 Shevat 5744 (1984). Des milliers de Juifs venus de tous les coins du pays, assistèrent à son enterrement qui se déroula à Netivot. Tous regrettèrent profondément la disparition de ce grand Tsaddik (Saint) et nombreux sont les Juifs qui font jusqu’à ce jour des pèlerinages sur sa tombe.

 

Chaque année, des milliers de Juifs se rendent à Netivot pour assister à sa Hiloula.
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Commentaire(s):

Un commentaire

  1. BELBACHIR

    05. juin, 2010

    SALAM .JE SUIS ORIGINAIRE DE BOUDENIB .LA LECTURE DE LA VIE DU SAINT M'A ETONNE DU FAIT DE RAPPROCHEMENT ENTRE CULTURES JUIVE ET MUSULMANE A CETTE PETITE VILLE.MES PARENTS ME PARLAIENT DE L'AMITIE ENTRE LES 2 CONFESSIONS .PETIT JE ME RAPPELLE DES PETITS JUIFS CHEZ NOUS. JE REALISE MAL CE QUI NOUS ARRIVE ACTUELLEMENT ET DE DEGRE DE HAINE QUI ANIME LES PEUPLES.

    Répondre à BELBACHIR    Alerter les modérateurs

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