Vendredi 30 Juillet 2010 - 19 Av 5770

Barak Ehoud

[Mercredi 03/12/2008 14:28]

ehud-barak.jpgEhoud Barak est né le 12 février 1942 dans le kibboutz de Mishmar Hasharon. Il est le fils aîné d’Esther et d’Israël Brug, qui immigrèrent en Israël dans les années trente et qui participèrent à la fondation du kibboutz.

Doué au piano, il eut très tôt un penchant pour les matières artistiques et aimait particulièrement démonter et remonter les serrures et les montres.

En terminale, il fut renvoyé du lycée et passera les épreuves du baccalauréat durant son service militaire.

En 1959, à l’âge de 17 ans, Ehoud Barak s’engagea dans Tsahal et se porta volontaire pour intégrer une petite unité qui fut créée à cette même époque : «le groupe de reconnaissance du chef de l’état major général» Dès 1971, il devint commandant de cette unité spéciale qui se spécialisa dans la lutte contre le terrorisme. Au sein de cette unité, on lui donna le surnom de «Napoléon» 

Pendant la Guerre des Six Jours, Barak commanda un groupe de reconnaissance et durant la guerre de Kippour, il dirigea un bataillon blindé dans le Sinaï et participa au combat de la «guerre chinoise» aux côtés d’Itshak Mordehaï et d’Amnon Chahak.

En 1982, il fut promu chef du Bureau de la planification et général de division. Durant la guerre du Liban, il fut commandant adjoint des forces israéliennes.

En avril 1983, Ehoud Barak fut nommé chef du Bureau des renseignements à l’état major général des Forces de Défense d’Israël. En juin 1986, il fut nommé commandant de la région centre et en mai 1987, chef d’état major adjoint.

En avril 1991, il fut nommé 14ème chef d’état-major par Moshé Arens, alors ministre de la Défense, malgré l’opposition du Premier ministre Itshak Shamir et atteint le grade de général de corps d’armée, le plus haut grade de l’armée israélienne.

En tant que chef de l’état major, il renforça les unités spéciales en personnel et en budget, et ordonna aux commandants des secteurs de Judée, de Samarie et de Gaza, de répondre par le bouclage des territoires à tout incident violent. Barak fut également celui qui demanda l’expulsion vers le Liban de quatre cents activistes du Hamas.

Sa carrière militaire fut incontestablement météorique, il grimpa les échelons à un rythme prodigieux et atteint le summum de la hiérarchie militaire. Elle fut cependant ternie par l’affaire de Tséélim B. Le 5 novembre 1992, 5 soldats furent tués et 6 autres blessés lors d’un entraînement pour une opération destinée selon certaines sources, à éliminer Sadam Hussein. Une enquête suivit et certains soldats qui avaient participé à cet entraînement témoignèrent et affirmèrent qu’Ehoud Barak avait quitté les lieux avant l’évacuation des blessés. Les conclusions du rapport du contrôleur de l’Etat démontrèrent qu’Ehoud Barak était resté sur place quarante minutes après l’incident. 

A la suite de la signature des accords de Gaza-Yériho avec les Palestiniens, Ehoud Barak supervisa le redéploiement des Forces de défense d’Israël dans la bande de Gaza et à Yériho. Il jouera ensuite un rôle important dans la finalisation du traité de paix signé avec la Jordanie en 1994.

En juillet 1993, après une escalade de violence à la frontière nord, Barak prit l’initiative, avec le Premier ministre et ministre de la Défense d’alors, Itshak Rabin, de monter l’opération « Din ve-heshbon » (règlement de comptes) Ce fut l’opération de la plus grande action d’envergure accomplie par Tsahal depuis la guerre du Liban.

Ehoud Barak a reçu de nombreuses médailles et est connu pour être le militaire le plus décoré pour ses actes de bravoure au combat. Il participa entre autres à la libération de l’avion de la Sabena qui fut détourné sur l’aéroport de Lod en 1972 et à la libération des otages d’Entebbe, dont il fut l’un des organisateurs. C’est lui qui aurait du commander les forces qui devaient faire irruption dans le Terminal, mais au dernier moment, il fut décidé qu’il coordonnerait l’atterrissage des avions de sauvetage et c’est Yoni Nétanyahou qui fut nommé à sa place (et qui fut tué au cours de l’opération)   

Parallèlement à sa carrière militaire, Ehoud Barak a poursuivi des études de Mathématiques de Physique à l’Université hébraïque de Jérusalem et en 1973, il passa une maîtrise en Economie à l’université de Stanford aux Etats-Unis.

En 1995, Ehoud Barak quitta Tsahal, partit pour Washington et ouvrit un bureau d’investissements. Six mois plus tard, à la demande du Premier ministre, Itshak Rabin, il devint membre du gouvernement au titre de ministre de l’Intérieur. En novembre 1995, après l’assassinat de Rabin, Shimon Pérès le nomma ministre des Affaires étrangères de son gouvernement. A ce titre, Barak fut parmi ceux qui menèrent l’opération « Raisins de la Colère » au Liban en avril 1996. Cette opération fut décidée à la suite de du redoublement des attaques du Hezbollah contre Israël.

Aux élections de 1996, Barak fut élu député sur la liste du Parti travailliste. En juin 1996, il fut élu secrétaire général du Parti travailliste à la place de Shimon Pérès, et fut ainsi nommé chef de l’opposition.

Le 17 mai 1999, Ehoud Barak gagna les élections contre Biniamin Netanyahou et fut élu Premier ministre.

Le 7 mars 2001, il fut déchu de son poste, à l’arrivée d’Ariel Sharon au pouvoir.

Sa carrière politique fut jalonnée de faits marquants tels que le retrait du sud Liban largement controversé (les forces israéliennes se trouvaient au Liban depuis la guerre du Liban en 1982), le sommet de Camp David à la suite duquel éclata la seconde Intifada en 2000 et les pourparlers de Taba où Ehoud Barak fit aux Palestiniens les propositions les plus «généreuses» jamais faites qui se conclurent par un échec, de même que toutes ses tentatives précédentes. La vague d’attentats terroristes entraîna l’anticipation des élections qui furent largement remportées par Ariel Sharon le 6 février 2001. Ehoud Barak remit alors sa démission de la présidence du Parti travailliste.

Depuis, plusieurs sociétés israéliennes en Israël et à l’étranger ont fait appel à se services en tant que conseiller.

Fin 2004, Ehoud Barak annonça son retour à la politique. Mais après la victoire d’Amir Péretz à la tête du Parti travailliste, et la défaite de Shimon Pérès qu’il avait soutenu, Ehoud Barak retira sa candidature à la Knesset.

Voici un extrait d’une interview qu’il accorda en mai 2005 : « Le retrait ne résoudra rien. C’est seulement la première étape d’un processus qui nous fera traversé des moments cruels et mortels. Après ce retrait, les scénarios évoqués par Moshé Yaalon (chef d’état-major qui a démissionné) et Avi Dichter (ancien chef du Shin Beth) se réaliseront certainement. J’espère qu’Abou Mazen saura détruire l’infrastructure terroriste, mais le Hamas pourrait bien gagner en puissance dans les prochains mois. Le terrorisme peut renaître en Judée Samarie et à Gaza… Les Palestiniens considèreront ce retrait comme une victoire. Ils diront que Sharon a capitulé et Abou Mazen essaiera d’obtenir de nouvelles concessions. Il faut terminer la « barrière de séparation » le plus vite possible pour assurer la sécurité nationale et ensuite, évacuer les « colonies » à l’Est de la clôture. Parallèlement, il faudra mener une guerre sans compromis contre le terrorisme des deux côtés de cette clôture, en restant prêts à reprendre le processus de paix à tout moment. » 

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