Vendredi 03 Septembre 2010 - 24 Elul 5770

Les Bné Ménashé

[Mardi 02/12/2008 17:46]

Aux temps messianiques, le Peuple juif se rassemblera sur sa Terre. Ce sera la fin de l’exil et les tribus égarées rejoindront la Terre d’Israël. Les Bné Ménashé en font partie.
 
 
Les Bné Menashé descendent de la tribu de Ménashé. Ils sont passés par la Chine, dont ils ont été chassés et se sont installés à Manipur et dans le Mizoram, au nord est de l’Inde, sur la frontière de Birmanie, coupés du reste du Peuple juif depuis la destruction du deuxième Temple de Jérusalem.. Ils parlent le Mizo.
 
 
Nombre d’entre eux ont conservé des signes attestant leur appartenance au Peuple d’Israël et plus précisément, à la tribu de Ménashé. Entre autres, ils se réfèrent à un D-ieu unique, désignent leur prêtre par le nom de Cohen et la tradition juive se serait transmise et maintenue par voie orale après «avoir été privés du Livre qui leur avait été donné par D-ieu, durant leur séjour en Chine, au cours duquel ils avaient servi d’esclaves pour la construction de la grande muraille»
 
 
Depuis 1961, le rav Eliaou Avihaïl est à la recherche des tribus égarées. Il a étudié les textes de la Tora et du Talmud et est parti explorer des contrées éloignées pour tenter de les retrouver. Il y a une quarantaine d’années, il a fondé l’association ‘Amishav’, ’Mon Peuple revient’, qui se consacre à cette tâche sacrée. La liste des peuples qui, selon le rav Avihaïl, appartiennent au Peuple juif, compte 15 millions de Juifs, qui se sont regroupés vers l’Orient, à partir d’Israël.
 
 
Il raconte que le peuple du ‘Chinlung’ dont les Bné Ménashé sont issus, compte plus d’un million d’individus. A la suite du rêve d’un homme, qu’ils considèrent comme un prophète, ces gens du Chinlung ont commencé à revenir au judaïsme et très tôt, ils ont demandé aux dirigeants sionistes de les aider à monter en Israël, mais leur demande n’a pas été retenue. Avec le temps, ils ont compris qu’ils ne pourraient revenir en Israël qu’à la condition de revenir entièrement au judaïsme.
 
 
En 1979, le rav Avihaïl a découvert leur existence et depuis, il s’efforce de leur enseigner les lois de la Tora et de les ramener en Israël. Selon le Talmud et selon la Tora, explique le rav Avihaïl, bien qu’étant des descendants des tribus égarées, ils doivent passer par une procédure de conversion. Bien qu’en général, ils se sont toujours mariés entre eux, des risques de mariages mixtes subsistent. Il estime qu’il faut aider la majorité du peuple Chinlung qui est restée chrétienne, à se rapprocher du judaïsme, mais pas à la manière des missionnaires, car en fin de compte, ceux qui sont restés chrétiens restent convaincus qu’ils sont des descendants de Ménashé, lesquels appartiennent au Peuple d’Israël
 
 
Avant d’approcher le christianisme, ils respectaient une religion comprenant par exemple la brit mila au huitième jour qui suit la naissance et avaient la coutume de faire un sacrifice dont le nom signifie ‘passer’ au moment de Pessah. La tradition leur avait transmis qu’ils étaient les descendants de Ménashé.
 
 
 
Depuis quelques années, des groupes de Bné Ménashé sont arrivés en Israël et sont alors devenus citoyens israéliens à part entière. La plupart des Bné Ménashé se sont installés dans des villages juifs de Judée Samarie. Avant l’expulsion des Juifs du Goush Katif, une importante communauté de Bné Ménashé y vivaient. Ils y travaillaient la terre et y étudiaient la Tora.    
 
 
En mars 2005, après avoir envoyé deux dayanim (juges rabbiniques) sur place et après avoir étudié leur rapport de près, le rav Schlomo Amar a annoncé qu’il était persuadé qu’il fallait convertir les Bné Ménashé en Inde et les ramener en Erets Israël.
 
 
Depuis 2005, la procédure de conversion des Bné Ménashé a été interrompue. D’après le gouvernement israélien, cette décision a été prise sous la pression du gouvernement indien. Selon le rav Avihaïl, le ministère des Affaires étrangères israélien «ment lorsqu’il raconte que le gouvernement indien s’oppose à la Alya des Bné Ménashé» Il affirme que les responsables du ministère indien des Affaires étrangères lui ont avoué qu’il s’agissait de mensonges et qu’en Israël, ceux qui s’opposent à ses initiatives, prétendent qu’il fait monter les Bné Ménashé en Israël afin de peupler les villages juifs de Judée Samarie. En démentant catégoriquement, le rav Avihaïl a rapporté qu’au départ, il a tenté de convaincre des kibboutzim religieux à «l’intérieur de la Ligne verte» d’accueillir et d’intégrer les Bné Ménashé, mais que ces derniers ont refusé. Par contre, dans les villages de Judée Samarie, ils ont été accueillis à bras ouverts.
 
La simplicité de la foi des Bné Ménashé, est particulière. Le rav Avihaïl raconte que des jeunes filles de cette communauté se sont mariées avec des Israéliens laïques et avec des immigrants venus des Etats Unis et qu’elles les ont ramenés au judaïsme.
 
 
Témoignage du général de réserve Moshé Léchem, à la suite d’un séjour passé chez les Bné Ménashé en Inde
 
 
«Ils nous attendirent à l’aéroport, brandissant des drapeaux d’Israël et des banderoles de bienvenue. Il y avait des enfants portant de grandes kippot et des ‘talith katan’ sur leurs chemises. Avec leurs parents, les larmes aux yeux, ils entonnèrent «Am Israël haï» et «Evenou chalom alehem»
 
Parmi eux, il y avait Gavriel, Schmouel, Elisheva, Véred, Irmiahou et Guershon… Ils nous ont serrés dans leurs bras chaleureusement, comme si nous étions des membres de leur famille, qu’ils n’avaient jamais vu, mais dont ils avaient entendu parler, et qu’ils nous attendaient depuis longtemps.
 
Alors, qu’y a-t-il de particulier dans cette histoire direz-vous ? Cela ressemble à d’autres rencontres familiales dans d’autres aéroports à travers le monde.
 
Ce qui est spécial, chers amis, c’est que l’événement que je vous rapporte ici, s’est déroulé dans un petit aéroport au cœur de la jungle, au nord est de l’Inde, dans l’Etat de Mizoram. Ceux qui nous accueillirent et que je viens de vous décrire, sont des Bné Ménashé. Physiquement, ils ne nous ressemblent pas tout à fait, mais l’amour et l’attachement qu’ils éprouvent envers l’Etat d’Israël, battent très fort dans leur cœur.
 
 
Les Bné Ménashé, qui font partie des dix tribus exilées d’Erets Israël il y a 2700 ans, se sont installés au nord est de l’Inde. C’est le rav Eliahou Avihaïl, qui a consacré une grande partie de sa vie à rechercher les traces des tribus égarées, qui m’a appris leur existence. Les Bné Ménashé l’appellent «notre père»
 
 
Après m’être rendu une première fois dans le Mizoram, je revenais cette fois pour un plus long séjour, accompagné de Rahel, mon épouse, qui apportait avec elle toutes sortes de manuels d’étude et d’Ouri, mon jeune fils âgé de 16 ans.
 
 
La route jusqu’à la capitale du Mizoram passe par des montagnes et des forêts très denses. Tout y est tellement vert ! Une pluie diluvienne n’avait pas cessé de tomber, sans réduire pour autant l’enthousiasme
de nos accompagnateurs qui, à bord de toutes sortes de véhicules, ne cessèrent de chanter jusqu’à ce que nous arrivions au centre d’étude juive créé par l’association ‘Amishav’
 
 
Les Bné Ménashé sont une partie d’une grande tribu dont les membres sont dispersés de nos jours au nord est de l’Inde et de la Birmanie voisine. Physiquement, ils sont différents des Indiens et leur dialecte est différent de tous ceux qui sont parlés en Inde.

L’histoire de cette tribu et de sa pérégrination est entourée de mystère, car elle n’a pas été écrite et qu’elle n’a été transmise que de bouche à oreille, de génération en génération, grâce à la sauvegarde de signes se rattachant indiscutablement au judaïsme, comme la brit mila, le chabat, les coutumes de Pessah et bien d’autres.

 
 
Sur les murs des classes, des photos de paysages d’Israël, des posters des fêtes d’Israël et de l’alphabet hébraïque. Le centre était dirigé par un couple de Bné Ménashé revenus en mission auprès de leurs frères, après avoir passé dix ans en Israël. Les enfants y étudient le jour et les adultes, le soir, après le travail.
 
 
Rahel ne perdit pas un instant et grâce à son expérience en tant qu’enseignante et à son enthousiasme, ses efforts furent largement récompensés : les élèves vinrent étudier, avalant chaque nouveau mot et chaque nouvelle chanson. Ouri apprit aux plus jeunes les expressions modernes d’usage en Israël et leur apprit à jouer au football. La nouvelle de notre arrivée attira de nombreux nouveaux élèves et par exemple, la classe des jeunes passa de 25 à 65 élèves.
 
 
Enseigner l’hébreu à l’autre bout du monde, dans la jungle, peut paraître un peu surréaliste. Cette grande ville compte 300 000 habitants et ses bâtisses sont perchées sur des piliers en bambou et dispersées sur des collines. Dans cette ville, nous étions pratiquement les seuls ayant une apparence européenne, mais tous ses habitants avaient entendu parler d’Israël et l’aimaient. Nous passions par la rue ‘Tsion’ et faisions des courses dans un magasin du nom de ‘Merkaz Israël’ Sur un bus décoré avec des étoiles de David et des drapeaux d’Israël, on pouvait lire l’inscription ‘ תמר‘ (Tamar) en hébreu ! Tout le monde nous souriait !
 
 
Nous sommes allés dans des petits villages éloignés, roulant des heures sur des routes difficiles, sous une pluie qui tombait des heures d’affilée. Dans ces villages, nous avons rencontré des familles dont les fils servent dans Tsahal et fiers, ils nous ont montré leurs photos en uniforme. Ils avaient les larmes aux yeux, tant ils se languissaient de tous ceux qu’ils n’avaient pas vus depuis si longtemps. A l’entrée de chaque maison, était fixée une mezouza. Partout, il y avait des petites synagogues portant un nom en hébreu et dans les cimetières, les noms sur les pierres tombales étaient inscrits en hébreu.
 
 
Il est difficile de décrire leur joie, lorsque nous leurs avons apporté un livre de prières en hébreu ou en Mizo, des médaillons en forme d’étoile de David et des chapeaux portant des inscriptions en hébreu. Ils voulaient tous savoir quand ils pourraient enfin monter en Israël, voulaient avoir des nouvelles d’Israël et les jeunes nous demandaient comment ils pourraient intégrer des unités d’élites de l’armée. Certains nous confièrent des lettres pour leurs enfants et d’autres, des bouts de papier sur lesquels ils avaient écrit des messages ou des prières, en nous demandant de les mettre pour eux entre les pierres du Mur des Lamentations.
 
 
Nous ne sommes pas une famille religieuse, mais nous avons été émus à la vue de ces gens priant de tout leur cÅ“ur chaque jour et chaque chabat. Leurs prières étaient pleines de conviction. Aucun ‘chema Israël’ ne ressemblera jamais à celui que j’ai entendu dans une petite synagogue dans un des villages de la région et à travers lequel ces Bné Ménashé suppliaient le Maître du monde de les aider à monter en Erets Israël» 

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