Les Américains pensent à la guerre ou à la religion quand ils pensent à Israël. Mais Israël est aussi une extraordinaire histoire de succès technologiques.
Un sondage datant de mai dernier a compté les sociétés non américaines dans le Nasdaq ; trois sociétés coréennes, cinq entreprises irlandaises, cinq du Royaume-Uni et six du Japon. Soixante-quatre pour Israël.
En 2008 Israël a attiré plus de deux fois le capital-risque par citoyen que celui des États-Unis. Il a attiré 30 fois plus de liquidités que l’Europe continentale et 350 fois plus que l’Inde.
Il existe quelques explications assez communément ethniques pour justifier le miracle technologique israélien. Les Juifs sont censés être intelligents. Les Juifs de l’étranger financent les entreprises israéliennes indépendamment de leur situation. Et ainsi de suite…
Mais ces explications ne suffisent pas comme Dan Senor et Saul Singer le relèvent dans « Start Up Nation. » (Senor est mon collègue au Council on Foreign Relations). Le record israélien de l’innovation a moins à voir avec l’ethnie et plus avec la politique. L’armée israélienne a également joué un rôle surprenant dans le processus.
L’histoire débute dans l’ancien Israël, ses soupçons portant sur le capitalisme et son affection contre-productive pour les coopératives et communautés agricoles. Voici une décennie et demi, le gouvernement israélien a créé un fond de technologie surnommé Yozma. L’objectif d’Yozma était de permettre au capital-risque de se joindre à la création de projets israéliens. Le signal fort que la création Yozma a envoyé a modifié l’attitude israélienne à l’égard des affaires de façon spectaculaire. Un décideur, paraphrasant la remarque de John Lennon sur Elvis a décrit ainsi le changement. «Avant Yozma, il n’y avait rien. »
L’éducation et les femmes
Mais d’autres forces ont contribué à ce succès. Le niveau élevé d’éducation des hommes et des femmes indique aux nouvelles entreprises qu’elles trouveront la bonne personne à embaucher. Pendant son mandat comme ministre des Finances au début de cette décennie, Benjamin Netanyahu fit comme Margaret Thatcher en réduisant les impôts et l’emploi dans la fonction publique, privatisant la compagnie aérienne nationale El Al et le Bezeq l’entreprise publique de télécommunications. Netanyahu supprima progressivement les obligations à haut rendement du gouvernement forçant ainsi des capitaux privés à trouver d’autres emplacements pour investir. Les réformes financières se sont faites sur un marché relativement transparent.
Les auteurs ont identifié plusieurs autres facteurs moins intuitifs. L’un est la tolérance israélienne à l’échec – une faillite n’est pas la fin d’une carrière. Un autre est l’immigration. Certes, les immigrants de l’ex-Union soviétique avaient des diplômes mais ce qui importait le plus était la personnalité de l’immigrant, celle favorisant la prise de risque était sélectionnée et, par conséquent, également le candidat à la « start-up». Le gouvernement a également aidé à ce que les portes universitaires et celles des entreprises soient ouvertes aux immigrants.
Les soldats en affaires
Pourtant, l’arme secrète de l’innovation israélienne est l’armée israélienne. Le projet israélien ne demande pas simplement aux soldats de sexe masculin un mandat de trois ans et de deux années pour les femmes, de plus, ils servent durant une grande partie de leur vie adulte, revenant chaque année. Cela pourrait être vu comme un élément perturbateur de carrière. Mais les unités d’élite de des Forces de Défense Israéliennes finissent par fonctionner comme un sélectionneur efficace de noyaux technologiques, fait que Michael Porter de l’Université de Harvard identifie comme si favorable à l’innovation.
L’avantage d’être associé à une unité d’élite israélienne – les deux plus célèbres sont la Talpiot et la 8200 – est comparable à l’avantage donné par le fait d’aller à Harvard Business School, en mieux, dit l’israélien Tal Keinan.
Keinan est un investisseur israélien et un diplômé de 2001 de Harvard Business School, donc il est en mesure de traduire en termes américains ce que le réseau israélien représente. Il fait remarquer que les retrouvailles à Harvard Business School arrivent seulement à quelques années d’intervalle et se retrouvent des personnes qui ont partagé des tableaux de calcul uniquement, pas des tentes ou des fusils. Keinan dit du lien créé par l’armée israélienne : «Imaginez une réunion chaque année et qui dure de deux à quatre semaines. » Les Israéliens en sont d’autant plus près et plus susceptibles de s’entraider sur des projets.
Les compétences démocratiques
Au-delà de l’avantage de la mise en réseau jouent aussi une hiérarchie plus lisse et les habitudes démocratiques de l’armée israélienne. Les défis de la guerre urbaine ont forcé les militaires israéliens à décliner la chaîne de l’autorité. Ces compétences que même les officiers subalternes ont acquises leur permettent de trouver un emploi civil auprès de personnes qui elles-mêmes ont servi et donc savent comment lire un CV militaire.
Un exemple de la dynamique de la haute technologie militaire est apparue lorsque le président de PayPal Inc, Scott Thompson, était à la recherche de logiciels pour détecter les fraudes ; les innovateurs américains croient qu’ils maîtrisent mieux que quiconque leurs produits.
Offrant une faveur à un investisseur, Thompson a rencontré Shvat Shaked, le co-fondateur de la société israélienne Fraud Sciences. Au grand étonnement de Thompson, Fraud Sciences a été en mesure de prédire la probabilité de l’augmentation de la fraude pour l’ensemble de PayPal que d’autres avaient mis au point. En traçant les terroristes avec la 8200, Shaked et son compatriote vétéran de la 8200 Saar Wilf avaient découvert une caractéristique particulière chez les malfaiteurs – ils essaient de cacher leurs traces. Les innocents, en revanche, ne le font pas. Ils avaient utilisé ces connaissances pour écrire les logiciels les plus compétitifs.
L’opportunité pour les Musulmans
Les investisseurs nourrissent le projet selon lequel les pays à majorité musulmane auront bientôt leur propre Yozma, le nouveau Fonds mondial pour la technologie et d’innovation vanté par le président Obama.
Mais la réussite israélienne suggère que les fonds publics, tout en étant importants, ne sont pas la principale raison de l’innovation high-tech. « La plupart des pays du Moyen-Orient, dit Senor, ne sont pas en retard par manque d’argent. »
Senor suggère que le renforcement de la réserve de talents, en accueillant des femmes dans les effectifs, la faveur du droit à la discussion et du droit de vote des individus au sein de l’armée ou à l’extérieur, la mise en valeur de l’immigration et l’élection d’un gouvernement qui encourage toutes les expériences sont les valeurs qui comptent le plus.
Le deuxième message vaut ici pour les entreprises américaines qui ont tendance à évaluer les vétérans candidats moins favorablement que leurs homologues israéliennes. Les temps passés au combat par nos anciens soldats pourraient se traduire par une capacité à faire la différence dans certaines de nos start-up.
Gilles Raphel












Brigitte Taieb
10. nov, 2009
IL MANQUE UN BOUT ICI :
« sur l’arme secrète d’Israël »
OU EST IL ?
pinhas
10. nov, 2009
MAGNIFIQUE !!! il faut plus d’article de ce genre, fier d’être juif et israelien !
pacha
12. nov, 2009
dans une démocratie on ne se laisse pas aller à la censure parce que les mots des autres ne flattent points vos égos.
Mendel
15. nov, 2009
Article intéressant mais je m’autoriserais un léger bémol, en particulier sur la communauté russe, pas toujours juive (cf la brigade Oz), et qui semblent avoir quelques difficultés à vouloir s’intégrer, préférant développer un certain communautarisme au point de préférer pour les enfants russes des écoles spécifiquement russes.
Mendel
Karl
28. nov, 2009
A mon avis, c’est dans ce genre de chose qu’on voit qui est qui et dans ce domaine où la puissance cérébrale est la matière première, les Juifs sont aussi prolifiques que les Arabes font preuve d’un mutisme et d’une stérélité assez étonnants, inversement proportionnels au zèle qu’ils proposent ailleurs. Tous les posseurs de bombe et autres assassins kamikhases seraient bien inspirés de reprendre la route de l’école et proposer autre chose pour l’évolution de l’humanité.
david
03. déc, 2009
a l’attention de Mendel..
Cher Mendel,
en ce qui concerne les olims russes, il est exact qu’actuellement ils boudent un peu et reste entre eux…quoique…
cependant, il faut comprendre qu’ Israel, avec la communaute russe, a realise un « investissement »…comme en bourse.
Pour l’instant, les russes sont comme ils sont…moi, je m’adapte bien a eux, et je crois qu’ils commencent aussi a s’adapter…
mais l’investissement, c’est que leurs enfants et la generation suivante, ceux-la, deviendront irresistiblement « israeliens » a 100 %…..avec des connaissances israeliennes qui viendront s’ajouter aux connaissances hereditaires…
et alors, la…ca va faire mal, ou plutot ca va faire du bien,
niveau economie, recherche, capacites en tous genres…
Du reste, cela reste valable pour tous les olims quelque soit leurs origines. ce sont les enfants qui feront la force d’Israel, dans 10, 20 ans…et deja, on peut le constater.
voila mon avis..
shalom lekha..
David
Senec
06. déc, 2009
Israël est pour moi un exemple qui devrait être suivi par les pays occidentaux. Un service militaire ou civil est indispensable pour la formation de la jeunesse. L’avoir supprimé relevait d’une défection bien visible devant l’obstacle qui se profilait. Au lieu de relever le défi, nos pays occidentaux, emmenés par une gauche matérialiste et paresseuse, se sont orientés vers une simple armée de métier, certes efficace, mais qui n’a, en revanche, aucun impact sur la formation des jeunes gens abandonnés à eux-mêmes, à leur paresse, à leur mauvaise condition physique et à leur nihilisme politique !