La célèbre matière grise juive ne fait pas défaut lorsqu’il s’agit de comparer le nombre d’articles scientifiques publiés dans des magazines spécialisés dans les pays développés. Israël produit en effet plus de publications scientifiques par million de citoyens que les Etats-Unis, le Japon, la Grande Bretagne ou la Russie. C’est ce qui ressort d’une conférence du Conseil de l’éducation supérieure qui s’est tenue lundi à l’université Bar Ilan.
D’après un rapport présenté lors de la conférence et portant sur des données de 2005, les scientifiques israéliens ont publié 6 309 fois des articles dans divers journaux scientifiques étrangers. Ce record n’est battu que par la Suisse, la Suède et le Danemark. Ce chiffre est dix fois plus élevé que le pourcentage qu’occupe Israël au sein de la population générale du monde.
Les Etats-Unis n’arrivent qu’en 12e place et l’Allemagne en 15e. Israël est suivie par la Finlande, les Pays Bas et le Canada.
Tout aussi significatif, si ce n’est plus, est le nombre de fois que des scientifiques israéliens sont cités par d’autres chercheurs. Le Professeur Avram Hershko du Technion, lauréat du prix Nobel de Chimie pour l’année 2004, a publié 148 articles, mais il a été cité par ses collègues du monde entier 16 000 fois.
« Les Israéliens ont écrit à peu près un pourcent des articles scientifiques au monde », indique le Professeur Yéhoudith Bar Ilan, qui a animé la conférence et qui dirige le département des sciences de l’information à l’université Bar Ilan.
Toutefois, le Professeur Bar Ilan n’oublie pas que la situation n’est pas si rose que laissent paraître ces chiffres. « La diminution des fonds publics destinés à la recherche va provoquer une chute des activités scientifiques dans les années à venir », avertit-elle.
De nouveaux centres de recherche sont construits dans plusieurs pays en voie de développement dans le monde entier, et plus particulièrement en Chine et en Inde. Alors que dans les institutions israéliennes au contraire, le nombre de scientifiques est en train de baisser, soulignent en effet les responsables du conseil de l’éducation supérieure. Une telle situation risque malheureusement d’avoir pour conséquence une « fuite des cerveaux » israéliens, plaie qui touche déjà sérieusement l’Etat juif depuis des années.
Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a appelé le mois dernier à la création d’un fonds financé par les Juifs du monde entier pour essayer de ramener les chercheurs et conférenciers israéliens partis travailler à l’étranger. (Cf. Le gouvernement cherche à ramener les cerveaux juifs).












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