Il y a quelques semaines, quelques centaines d’étudiantes et étudiants francophones, pour la plupart fraîchement arrivés en Israël, se réunissaient à Jérusalem à l’occasion du grand rassemblement traditionnel organisé en début d’année universitaire par le Centre National des Etudiants Francophones.Â
Ils étaient venus des 4 coins du pays, du Technion dans le Nord à Hemdat Hadarom dans le Sud; il y avait ceux de Bar-Ilan et ceux de l’Université Hébraïque, ceux qui, déjà , ont revêtu l’uniforme de Tsahal et celles du Shérout Léoumi, les kippotés et les coiffés à la Bob Marley… Mais ils avaient un point commun: ils avaient toutes et tous laissé derrière eux une famille, des amis et un avenir tout tracé à la française. Ils l’ont fait parce qu’ils partagent le même désir de vivre au milieu de leur peuple, au pays de leurs ancêtres, certains pour quelques mois, la plupart pour la vie.Â
En les observant, en voyant l’amour d’Israël dans leurs yeux, j’ai tout à coup pensé à la fameuse Echelle de Jacob. D’après nos sages, en effet, il s’agit de l’Echelle de l’Histoire et les anges qui y montent et qui y descendent ne sont autres que les représentants des nations du monde. Mais Jacob, raconte le Midrash, avait peur de monter, d’entrer à son tour dans l’Histoire, de devenir, lui aussi, une Nation. N’est-il pas plus rassurant de tenter de réussir sa vie en tant qu’individu, certes fidèle aux valeurs de Justice enseignées par son père, mais sans la responsabilité et les dangers qui guettent les peuples exposés aux vicissitudes de l’Histoire. C’est D.ieu qui doit convaincre le patriarche d’avoir le courage de monter. Finalement, il gravit un à un les échelons et il devient une Nation, la nation juive. Quelques heures plus tard, à son réveil, il poursuivra la route qui le conduira là où naîtront les tribus d’Israël.Â
Je me souviens très précisément du jour où je pris la décision de faire mon Alya. J’avais 14 ans et la guerre de Kippour faisait rage depuis près d’une semaine. Une guerre meurtrière et douloureuse, dont l’issue était douteuse et dont l’enjeu était une fois de plus la survie de l’Etat Juif. C’était le deuxième jour de Soukot et je ne tenais pas en place. Notre famille étant pratiquante, nous n’écoutions pas la radio et nous ne regardions pas la télé les jours de fête. Or, en Diaspora, le deuxième jour de Soukot est encore un jour de Yom Tov. Deuxième jour donc sans nouvelle, sans savoir si les syriens avaient reculé et si Tsahal avait réussi à traverser le canal pour prendre l’armée égyptienne à revers. J’étais assis à la synagogue de Lyon mais j’avais la tête bien ailleurs que dans les pages de mon livre de prières, essayant vainement de me concentrer et de demander l’aide du Ciel dont mon peuple avait pourtant dramatiquement besoin. Mais jamais la formule de Rabbi Yehouda Halevy n’avait semblé mieux adaptée à ma situation: j’étais en occident mais mon cÅ“ur et toutes mes pensées étaient tournés vers l’Est, à 4000 kilomètres des quais de la Saône, dans les sables du Sinaï et sur les hauteurs du Golan. Et puis, je n’y tins plus: je me mis à courir jusqu’à la rue piétonne, à un quart d’heure de la synagogue, dans l’espoir de lire sur le tableau lumineux, les derniers flashs d’information: « les syriens ont reculé de quelques kilomètres », « gigantesque bataille de chars au dessus de Kuneitra », « Israël reconnaît avoir subi de très lourdes pertes » … Je retourne en courant rapporter les nouvelles à mes voisins de prière. Mais dix minutes plus tard, je retourne voir si d’autres infos sont affichées, je reviens, je repars… A la fin de la matinée, épuisé physiquement et mentalement, je décide très clairement que c’est la dernière fois que je serai spectateur de ma propre histoire. La prochaine fois qu’il se passera quelque chose, je serai là , acteur, au seul endroit au monde où depuis un siècle s’écrivent à nouveau les nouvelles pages de l’histoire juive, prenant mon destin entre mes mains, participant enfin à l’incroyable aventure du retour mouvementé des hébreux sur leur terre! A midi ce jour là , j’ai su que c’est en Israël que se ferait ma vie.Â
Manitou disait : « De même que certains aiment faire du lèche-vitrine, c’est-à -dire, se plaisent à contempler la devanture des magasins sans jamais oser y entrer, de même certains juifs aiment faire du ‘lèche-histoire’. Ils regardent se dérouler leur propre histoire sans jamais oser y pénétrer. Ne soyez pas de ceux-là ! »Â
L’autre jour, en observant tous ces jeunes venus nous rejoindre, je me suis tout à coup senti à la fois ému et fier. Et je le leur ai dit. Ils sont les fidèles enfants de Jacob notre père, celui qui eut le courage de monter à l’Echelle de l’Histoire…
Arrêtez-moi si je dis des bêtises…












Brigitte Taieb
23. déc, 2009
doit on s'arrêter d'y monter si on doit se transformer en grenouille?
Car il est temps d'arrêter d'annoncer la température du monde………………….jacob n'a pas voullu tout dire coté TEMPS et coté FIN, afin que justement nous devenions
Israêl.
Mais pour l'être il fallait apurer quelques comptes,joseph et ses fréres par exemple.
un scoop Elie,ça y'est c'est fait.PLUS DE DETTES.
Mais pour cela il fallait l'échelle …………….DES REVES DE JOSEPH.
ellia
25. déc, 2009
Je ne pense pas que le Jacob de la Thora aimerait voir ses descendants coiffés à la Bob Marley !!!!!!!!
Le peuple de l'Eternel est sensé être un peuple Saint (mis à part), en parole, en comportement, en pensée.
Arrêtez-moi si je dis des bêtises…
elie kling
27. déc, 2009
Je suppose que pour dire cela, vous vous basez sur le midrash qui dit que Simon et Levi, apres l'affaire de Shekhem, auraient dit a leur pere Jacob: "get up, stand up, stand up for your right" et que celui-ci les a alors severement reprimandes. Vous en deduisez un peu hativement que Jacob n'aurait pas apprecie Bob Marley si il l'avait connu. Mais vous oubliez que, selon le meme texte, le patriarche aurait repondu: "Flee from hate, mischief and jealousy… put your vision of reality". Par ailleurs, a cette soiree du Cnef, le refrain que tous les fils de Jacob presents semblaient reprendre en coeur etait plutot celui-ci: "We're leaving Babylon, we're going to the fatherland, Exodus, Movement of Jah people". Jacob aurait apprecie…
Yaëlle
30. déc, 2009
Je vous arrête, vous dites des bétises,.. avant tout et plus que tout il aimerait voir tout son peuple en Israël. Tous sans en oublier toutes tendances confondues comme 1 seul peuple que l'on est.
elie kling
08. jan, 2010
Je suppose que pour dire cela, ellia, vous vous basez sur le midrash qui dit que Simon et Levi, apres l'affaire de Shekhem, auraient dit a leur pere Jacob: "get up, stand up, stand up for your right" et que celui-ci les a alors severement reprimandes. Vous en deduisez un peu hativement que Jacob n'aurait pas apprecie Bob Marley si il l'avait connu. Mais vous oubliez que, selon le meme texte, le patriarche aurait repondu: "Flee from hate, mischief and jealousy… put your vision of reality". Par ailleurs, a cette soiree du Cnef, le refrain que tous les fils de Jacob presents semblaient reprendre en coeur etait plutot celui-ci: "We're leaving Babylon, we're going to the fatherland, Exodus, Movement of Jah people". Jacob aurait apprecie…