Le dictionnaire des déclarations patriotiques enthousiastes des dirigeants israéliens est sans doute l’un des plus fournis qui existe. Mais lorsque l’on se penche sur les faits et l’évolution de la situation globale depuis 30 ans, on ne peut que souscrire à ce qu’écrivait il y a deux semaines le journaliste Ouri Elitzour dans « Makor Rishon »: « Il y a quelque chose ici qui ne sent pas bon ».
Elitzour, pourtant proche de Binyamin Netanyahou, s’inquiétait de la tournure des événements dans la sphère israélo-palestinienne, des rumeurs de plus en plus persistantes, des non-dits, et des tractations qui semblent aller bon train en coulisses, en dépit du pessimisme affiché en public. Selon le journaliste, « comme pour le Processus d’Oslo, les choses sont déjà bien plus avancées que le langage officiel ne veut bien l’avouer, les dirigeants endorment la population, et les journalistes sont écartés des réunions importantes ». Et quand on dit « que les choses sont avancées », il s’agit en fait de reculs généralisés sur les positions israéliennes, même celles du Likoud.
Jugez plutôt : en moins de 20 ans, nous sommes passés de « l’interdiction formelle d’avoir le moindre contact avec l’organisation terroriste OLP », à des discussions précises avec le Fatah sur le partage de Jérusalem et à la gestion internationale des « Lieux Saints ». Dans la sphère publique israélienne, la redivision de Jérusalem, le « retour » d’un certain nombre de ‘réfugiés palestiniens’ ou l’abandon de pans entiers de Judée-Samarie, berceau du Peuple juif, ne sont plus des sujets tabous, non seulement dans les médias, mais chez des hommes politiques et pas seulement à gauche. En comparaison, de leur côté, les Palestiniens n’ont pas bougé d’un iota dans leurs revendications visant à réduire et affaiblir Israël avant de lui donner l’estocade. Et je ne parle pas du Hamas ou du Jihad, mais du « partenaire officiel » d’Israël, le négationniste Mahmoud Abbas. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les livres scolaires ou les programmes télévisés pour se faire une idée claire de ce que visent les « modérés » du Fatah.
Pour illustrer ce glissement de terrain identitaire israélien, on peut observer depuis récemment un changement majeur et symptomatique dans le vocabulaire politique des partis de la coalition. Ce changement a été mis en relief dimanche, lorsque le Premier ministre Binyamin Netanyahou a réalisé un coup médiatique bien préparé, destiné à « tranquilliser » la population juive de Judée-Samarie, très irritée par sa décision de geler la construction dans ces localités.
Frappant fièrement de sa bêche le sol humidifié par la pluie à Kfar Etzion, le Premier ministre déclarait avec assurance aux caméras présentes: « Je suis venu ici dans le Goush Etzion, comme première étape, pour y planter un arbre à l’occasion de Tou Bichevat. J’irai ensuite faire la même chose à Maalé Adoumim. Et dans quelques jours, je ferai de même à Ariel. Le message de ces deux actes est le même: dire au monde que nous sommes là , que nous resterons là , et que ces régions feront partie intégrante de l’Etat d’Israël, pour toujours !! »
Clap clap, larme à l’œil, immortalisation par une photo. On croit l’espace d’un moment être revenu à l’époque héroïque du sionisme bâtisseur et décomplexé.
En fait, il n’y a rien de plus inquiétant que cette déclaration apparemment courageuse du Premier ministre. Elle sonne comme en écho aux déclarations faites par d’autres membres de la coalition dans les jours qui suivirent la décision du gouvernement de geler la construction. Diverses personnalités, notamment de Shass et d’Israël Beiteinou, ont voulu « rassurer » ceux qui leur ont apporté leurs voix, en empruntant des termes identiques à ceux prononcés dimanche par Netanyahou: « Quoi qu’il arrive, nous poursuivrons la construction dans les blocs d’implantations! »â€¦
« Où ça??? » a-t-on envie de crier.
Ce qui se cache – ou ne se cache même plus – derrière cette terminologie, c’est que le Premier ministre, sans doute sous pression américaine, a entériné la doctrine concoctée par Ariel Sharon et George W. Bush sur les « blocs d’implantations » et les « arrangements territoriaux » en cas de traité de paix, qui prévoit ni plus ni moins le renoncement d’Israël à 95 ou 97% de la Judée-Samarie, l’Etat juif ne conservant que trois zones exigües et jouxtant les frontières de 1967, que sont la ville d’Ariel, le Goush Etzion et Maaleh Adoumim. Environ 5% de la Judée-Samarie. Et bien sûr avec des compensations territoriales pour les Palestiniens dans le Néguev ou la Galilée.
Dans cette terminologie subtile de Netanyahou, Attias ou même Lieberman, on ne parle déjà plus de Bet-El, Kiryat Arba, Kedoumim, Eli, Elon Moré, Soussia ou la Vallée du Jourdain. La lente anesthésie de la population israélienne se poursuit, et en y regardant de près, c’est tout simplement le programme d’inspiration d’extrême-gauche prôné par l’Initiative de Genève qui est en train de servir de modèle aux gouvernements qui se suivent, en dépit de leur couleur politique et du respect des électeurs qui les ont portés au pouvoir.
Cette politique a déjà bien été exercée par le gouvernement précédent. Preuve en est, les révélations de ce lundi matin, faites par le général Ouri Dekel, qui fut la cheville ouvrière de l’équipe de négociateurs israéliens sous le gouvernement Olmert-Livni. Dekel s’est exprimé dimanche devant les responsables de l’Initiative de Genève. De ses propos, il ressort clairement que le gouvernement Olmert a fait des propositions qui n’étaient jamais allées aussi loin, mais que les Palestiniens ont rejetées, sentant que les Américains peuvent encore faire pression sur Israël afin qu’il cède encore davantage ». Détail intéressant, à chaque fois que Yossi Beilin, l’un des initiateurs du Programme de Genève et l’un des principaux coupables des Accords d’Oslo, est interrogé, il ne nie pas que les négociations qui se déroulent actuellement suivent de près les recommandations de l’Initiative de Genève. « Quel est le problème de n’avoir que trois députés à la Knesset quand on voit que ce sont en fait nos idées qui sont appliquées » disait un membre du parti d’extrême gauche Meretz après les dernières élections !
Selon Dekel toujours, « neuf commissions avaient été créées pour traiter en détail de tous les dossiers, à part Jérusalem, laissé pour la fin. Ces commissions étaient structurées, avaient chacune leur Président, se rencontraient secrètement, et ont avancé de manière significative ».
Et une fois de plus, nous devons à l’intransigeance palestinienne, qui exigeait « 100% de la Judée-Samarie ou rien », le fait qu’Israël ne se retrouve pas acculé au mur, dans une situation inextricable.
En 1994, après les Accords d’Oslo, un caricaturiste israélien avait publié un dessin extrêmement expressif dans le « Jerusalem Post »: il montrait des dirigeants israéliens se cramponnant au drapeau bleu-blanc qui flottait fièrement sur la Gare Routière de Jérusalem (Tah’ana Merkazit). Après avoir cédé aux Palestiniens toute la Judée-Samarie, la Bande de Gaza et une partie de Jérusalem, aux Syriens le Plateau du Golan, ils clamaient en chÅ“ur et avec assurance: « Mais sur la Tah’ana Merkazit, nous ne cèderons jamais! »
Ce n’est plus aussi caricatural que cela. De recul en recul, dans le silence feutré des salons des grands hôtels, autour d’un bon verre de whisky, le sort de dizaines de milliers de Juifs peut être scellé.
La catastrophe peut nous tomber dessus sans crier gare.












Tagger
27. jan, 2010
Sérieusement…..Shraga, tout cela vous étonne ? Voilà déjà un moment que le Peuple d'israël dort en s'en remettant à son élite corrompue (ou incompétente).
Il se trouve toujours suffisamment d'abrutis, toujours plus fins que les autres, pour vous affirmer que….. "les israéliens ne sont pas fous, que tout ça n'est qu'un jeu, que ces discussions ne sont que de la poudre aux yeux pour passer le temps, mais qu'au fond personne ne veut céder quoi que ce soit, et qu'aucun dirigeant ne projette réellement la création d'un Etat Palestinien"….
Les gens qui prétendent cela sont stupides : toute notre histoire prouve que nous ne sommes pas si malins que cela, toute notre histoire prouve que nous savons "faire confiance" aux autres SURTOUT quand cette confiance nous met en danger. Oui, les Juifs, et les Israéliens, sont assez masochistes pour être nuls en matière de stratégie !
EVEN DANAN MORDEHAI
27. jan, 2010
PAR LA PEUR QUE VOUS AVEZ A VOIR CRITIQUER LA TURQUIE ET SON DIRIGEANT erdogan VOUS NOUS ENLEVEZ L'ENVIE D'ECRIRE SUR VOTRE SITE,UN SITE COMPARABLE A NOTRE GOUVERNEMENT SI L'ON CROIT SHRAGA
BLUM.
IL Y A TANT DE CHOSES A DIRE SUR CET ARTICLE PLEIN D'ENSEIGNEMENTS
MAIS QUE VOTRE GUILLOTINE,SANS VALEUR NOUS EN ENLEVE L'ENVIE..
A NE PAS PUBLIER,JE VOUS EN PRIE C'EST A VOUS QUE J'ECRIS ,SANS VOULOIR PORTER ATTEINTE, A CE SITE QUI M'A DONNE TANT DE PLAISIR ET DONT LES INTERNAUTES VOUS QUITTENT PAR VOTRE MISE A MORT DE LEURS ARTICLES.
ET DIRE QUE VOUS FAITES PARAITRE DES INJURES D'ARABES CONTRE NOTRE PAYS.
LE MONDE EST A L'ENVERS ET AROUTS 7= MERETZ UN COMBLE.