La percée de plus en plus nette de l’influence diplomatique et économique iranienne dans le continent sud-américain a pour corollaire une montée de l’antisémitisme dans ces pays et une détérioration sérieuse des relations entre plusieurs Etats du continent et Israël.
Conscient de l’inquiétude croissante des communautés juives locales, le ministre chargé des Relations avec la Diaspora, Youli Edelstein a pris l’initiative de convoquer un sommet de trois jours à Jérusalem où étaient invités les leaders et dirigeants des communautés juives d’Amérique Centrale et du Sud, ainsi que des diplomates israéliens en poste dans ces pays.
Ce « Sommet d’Amérique Latine » a débuté jeudi dernier à « Beit Hanassi », la Résidence du Président de l’Etat. Premier à prendre la parole, Haïm Aron, ancien ambassadeur d’Israël en Colombie, et actuel conseiller de Youli Edelstein pour l’Amérique Latine. Aron a rappelé « la contribution du continent sud-américain dans la création de l’Etat d’Israël, car sur les 33 votes en faveur du Plan de Partage de novembre 1947, 12 venaient des pays d’Amérique Latine. Seul Cuba vota contre, et 4 pays s’abstinrent ». Aron expliquait cette proximité de l’époque « par un lobbying important des Juifs locaux, dont de nombreux avaient effectué des périodes de volontariat en Israël dans le cadre du programme ’Mah’al’ ». De même, dans les premières années de l’Etat, « les premiers Kibboutzim du Néguev étaient peuplés de nombreux Juifs sud-américains ».
Aron regrette « qu’aujourd’hui, les Juifs d’Amérique du Sud n’arrivent plus à influencer leurs gouvernements sur le plan de la politique proche-orientale ». Lors des discussions qui ont eu lieu à ce sommet, de virulentes critiques ont été émises à l’encontre du Président du Venezuela, Hugo Chavez, qui par son influence hors des frontières de son pays, a « transformé toute l’Amérique Latine en véritable défi pour la politique étrangère israélienne ». Les visites du Président Shimon Pérès et du ministre des Affaires Etrangères, Avigdor Lieberman ont été évoquées comme « pavant la voie à un réchauffement des relations ».
« Le resserrement des liens entre Israël et les communautés juives locales est un échelon indispensable dans l’amélioration des relations entre Israël et les pays d’Amérique Latine » a souligné Haïm Aron. Tous les participants ont été d’accord pour dire « qu’une course contre la montre se déroule sur cette partie du continent américain, qui est de plus en plus soumis aux influences iraniennes et de la Révolution islamique chiite, qui risque de mettre un jour en danger les communautés juives » L’antisémitisme verbal autant que physique, ainsi que le vandalisme, sont en nette progression, et certains dirigeants tels qu’Hugo Chavez ou Evo Morales de Bolivie attisent personnellement la haine d’Israël qui se traduit ensuite en actes antisémites dans leur pays.
Le ministre Youli Edelstein a pris la parole, et a annoncé « une nouvelle dimension de la solidarité juive envers les communautés de Diaspora et en particulier celle d’Amérique Latine ». « Nous devons travailler ensemble, partager nos informations, apprendre chacun de l’autre, et nous aider mutuellement », a-t-il déclaré. Il a aussi précisé que ce genre de rencontres serait désormais régulier.
Le Président de l’Etat, Shimon Pérès, qui avait rencontré des leaders juifs au Brésil et en Argentine, a souligné « combien il était difficile de maintenir la vie communautaire dans des pays où l’atmosphère anti-israélienne est parfois si forte, même si dans certains endroits les relations privées entre Juifs et non-juifs sont bonnes»












Commentaire(s):
Pas de commentaire
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire