C’est par une large majorité, 19 voix contre 4, que le gouvernement israélien a adopté mercredi soir l’ambitieux programme de réforme des Transports et Communications proposé par le Premier ministre. Ce plan appelé « Relier Israël » coûtera la coquette somme de 27 milliards de shekels sur les dix ans à venir.
Après le vote, Binyamin Netanyahou a déclaré avec satisfaction « qu’il s’agissait d’une grande nouvelle pour Israël. » « Après 62 ans enfin », poursuivait-il, nous avons pris une décision stratégique de relier le Néguev et la Galilée, et d’étendre les communications vers l’extrême nord et l’extrême sud du pays. C’est la fin de l’ ‘Etat Hadera-Gedera’ !! », selon une expression qui signifie que la périphérie était jusqu’à présent coupée du centre névralgique du pays.
Avant la réunion du Conseil des ministres, Netanyahou avait annoncé « qu’il mettrait fin au fléau des embouteillages sur les routes et intersections du pays, en développant les autoroutes à plusieurs voies ». « Il est inadmissible que l’automobiliste israélien passe des heures de son temps dans des bouchons, même sur les routes soi-disant rapides. Il doit pouvoir un jour aller d’Eilat à Kiryat Shmona sans rencontrer un seul feu rouge !» dit-il.
Le Premier ministre estimait également « que le désenclavement du Néguev et de la Galilée, et leur accès facilité par rapport au centre du pays, serait à l’avenir un facteur puissant de développement économique et de croissance, car il amènerait des investissements et de l’emploi dans ces régions jusqu’à présent éloignées».
Ce plan adopté prévoit la réalisation de 8 projets sur une période de 10 ans. Parmi les grands travaux prévus, une augmentation substantielle du réseau ferroviaire en Galilée et dans le Néguev et le rallongement de la fameuse « Route transversale d’Israël » dans le nord comme dans le sud. Une voie ferrée devrait également relier un jour les deux villes extrêmes du pays : Eilat et Kiryat Shmona.
Mais ce programme n’a pas recueilli que des vivats. Les débats ont été très longs et parfois houleux. Le ministre des Finances, Youval Steinitz, même s’il a finalement voté pour, avait exigé certaines modifications qui n’ont pas été retenues, comme par exemple la suppression de certains projets en Galilée qui coûteront 7 milliards à l’Etat, et l’étalement de la réalisation du plan sur 15 ans au lieu de 10. Au total, quatre ministres ont voté contre ce plan, à commencer par Silvan Shalom, ministre du Développement du Néguev et de la Galilée, qui lui reproche « sa longueur dans le temps car le rallongement des routes et des voies ferrées n’est prévu que dans la 2e phase de réalisation ».
Autre opposant, le ministre de la Sécurité Intérieure, Itshak Aharonovitz, qui dénonce « les investissements massifs dans les infrastructures routières, alors qu’il manque un milliard à son ministère pour lutter contre le fléau de la violence et du banditisme ». « On paie pour de l’asphalte au lieu d’investir dans le personnel », déclarait le ministre, qui dit « ne pas comprendre pourquoi il n’a pas reçu de crédits supplémentaires lorsqu’il les avait demandés, et qui tout à coup sont disponibles pour les routes ». Il exige du gouvernement de réduire d’un milliard le projet des infrastructures routières et ferroviaires et s’engage « à réduire le niveau de la délinquance de manière considérable ».
Le ministre des Affaires Sociales, Itsh’ak Herzog, ainsi que son collègue de l’Education, Guidon Saar, complètent le quarteron d’opposants à ce plan. Pour Itsh’ak Herzog, « au moment où son ministère tente d’aider des dizaines de milliers de familles qui se trouvent dans la misère, ce plan vient grever le budget de l’Etat pour les années à venir ». « Avec tout le respect dû au train et aux routes », déclare quant à lui le ministre de l’Education, « la préférence devrait aller aux êtres humains, notamment dans l’éducation, qui est la clé de l’avenir du pays ».
Quadrature du cercle pour un pays dont le budget militaire indispensable est l’un des plus élevés au monde par tête d’habitant, et dans lequel chaque ministère argue à juste titre « qu’il devrait être prioritaire ».












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