C’est dimanche, à Tel-Haï, dans le nord du pays, que le gouvernement israélien donnera le signal officiel de départ de l’ « Opération Patrimoine », initié par le Premier ministre, et destiné à « mettre l’Histoire d’Israël à la portée de tous les citoyens ». Le préambule du document qui sera signé stipule « qu’il s’agit de maintenir et restaurer les sites et hauts-lieux de l’Histoire d’Israël par le biais d’une aide financière gouvernementale massive, afin de promouvoir le patrimoine du peuple juif en Eretz Israël ».
Au Bureau du Premier ministre, on a même tenu à établir un parallèle entre Netanyahou et Menah’em Begin z.l., en disant que « si le Projet de Rénovation des Quartiers Défavorisés avait été l’étendard de Menah’em Begin, celui de rénover et maintenir les sites historiques du Peuple juif sur sa terre sera l’empreinte de Binyamin Netanyahou », tant le Premier ministre actuel entend s’investir dans ce projet d’une importance nationale.
Les divers spécialistes qui travaillent sur ce projet estiment « qu’il est destiné en tout premier lieu à la jeunesse israélienne mais aussi à tous les immigrants qui n’ont pas grandi dans un environnement juif ». Le souci principal du Premier ministre et de ceux qui travaillent avec lui sur ce projet est « de pallier à la perte progressive du lien identitaire entre la population – principalement la jeunesse – et la Terre d’Israël ». Autrement dit, la délégitimation d’Israël en vogue à l’étranger marche main dans la main avec la désaffection grandissante d’une partie de la population israélienne avec les valeurs de base du Sionisme.
Ce programme est prévu pour être appliqué sur six ans, et bénéficiera d’un cadre budgétaire de 400 millions de shekels affectés « à la restauration de 150 sites et hauts-lieux historiques, appartenant autant à l’époque moderne d’Israël qu’aux périodes antiques ».
Le gouvernement a établi une liste – non encore définitive – des sites qui sont concernés, et « une Commission interministérielle sera nommée, qui sera chargée de fixer quels seront les sites prioritaires à être traités ». Cette dernière déclaration n’est pas anodine et vient en réponse à une question qui est survenue à propos d’une « absence remarquée » dans la liste déjà publiée : deux des principaux sites historico-religieux n’ont pas été inclus : le Caveau des Patriarches à Hevron, et le Tombeau de Rachel à Bethlehem.
Cet « oubli » n’a pas échappé aux députés de droite à la Knesset, qui y voient tout simplement « un nouveau signe de repli stratégique de la part du Premier ministre, qui omet ces deux sites fondamentaux de notre Histoire, tout comme il a omis de planter des arbres en dehors des ‘blocs d’implantations ». A Shass, on demande au gouvernement « de donner des précisions quant aux critères de choix…ou de non-choix des sites concernés, car il est impensable que ces deux sites ne soient pas inclus dans cette liste ».
Le Président de « Habayit Hayehoudi », Zevouloun Orlev, plus diplomate, « félicite le Premier ministre pour cette initiative qui se rajoute à toutes ses lourdes charges », et annonce « qu’il va convoquer la Commission parlementaire de l’Education (qu’il préside) afin d’inclure ces deux lieux hautement symboliques dans la liste de sites à mettre en avant ».
La présence du Caveau des Patriarches et du Tombeau de Rachel dans ce vaste et ambitieux programme n’est pas un sujet mineur. Leur inclusion ou non sur cette liste servira aussi d’indicateur sur les intentions du Premier ministre au niveau politique pour les années à venir. Il serait en effet un peu difficile à Binyamin Netanyahou d’expliquer son programme de « rapprochement des Israéliens de leurs racines historiques », en excluant justement de la liste deux des sites les plus symboliques, qui à eux seuls expliquent, justifient et fortifient la présence d’un Etat juif sur cette terre.












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