Un article paru la semaine dernière dans le magazine international « Journal of Biomechanics », et qui ne manquera pas d’intéresser toutes celles et ceux à travers le monde qui sont avec raison sensibles à la souffrance animale. Et c’est en Israël que cela se passe !
Durant des années, le Professeur Amit Gefen, du Département d’Ingénierie biomédicale de l’Université de Tel-Aviv, a dû se résigner à effectuer des expériences scientifiques peu agréables sur des souris, dans le cadre de ses recherches sur les plaies chroniques, principalement sur la plante des pieds de personnes souffrant de diabète. L’on sait que ce phénomène est la première cause d’amputation des membres inférieurs.
Le Professeur Gefen cherchait à comprendre quel était le processus mécanique cellulaire qui permettait la formation et la persistance de telles plaies, non seulement sur les diabétiques mais aussi sur un éventail bien plus large de personnes touchées par des problèmes d’immobilisation motrice ou d’absence sensorielle : personnes âgées alitées, bébés précoces placés en couveuse, accidentés de la route ou victimes d’accidents cérébro-vasculaires devenus paralysés, ou même des personnes en longue période postopératoire.
Après des années d’utilisation de souris de laboratoire pour leurs expériences, en leur infligeant notamment des plaies douloureuses (même si c’est sous narcose), le Professeur Gefen, en collaboration avec sa doctorante Mme Noa Slomka, ont voulu trouver d’autres pistes pour éviter à l’avenir ce genre de procédés. Depuis quelques années, Le Prof. Gefen a commencé à utiliser des cellules de peau, de muscles ou d’os prélevées de manière indolore sur des animaux ou des humains, et c’est sur ces échantillons qu’il travaille désormais dans ses laboratoires. En exerçant des pressions diverses sur ces cellules, il est arrivé à comprendre comment une cellule arrive à se contracter ou au contraire se dilater au point de mourir. Puis vient l’innovation spectaculaire : Gefen et Slomka ont mis au point un programme informatisé sous forme d’algorithme: en scannant une cellule vivante en trois dimensions sur un ordinateur à l’aide d’un microscope laser confocal, le programme informatique pourra ensuite effectuer de manière autonome toutes sortes d’expériences sur cette cellule, mais aussi sur tous les éléments la composant, et voir comment elle réagit mécaniquement dans différentes situations, selon une technique mathématique appelée « Finite Element Analysis ».
Les problèmes éthiques posés par les expériences sur des animaux sont souvent à la tête des préoccupations des chercheurs, partagés entre d’un côté, le devoir et le désir de faire avancer les recherches pour l’espèce humaine, et de l’autre, les souffrances inhérentes infligées aux animaux utilisés à ces fins. D’où l’importance extrême d’une telle innovation qui va constituer à n’en pas douter un tournant dans le domaine des méthodes de la recherche biomédicale.
Selon le Professeur Gefen, « les quelques expériences qui ont été réalisées avec ce procédé ont donné des résultats très satisfaisants, qui permettent d’enrichir de manière notable les connaissances actuelles sur le comportement mécanique d’une cellule soumise à des situations d’agression extérieure d’origines diverses »
Gefen estime « que la méthode qu’il a mise au point dans la recherche sur les cellules dans les plaies chroniques, pourra à terme devenir la norme pour les travaux concernant l’influence extérieure sur les cellules dans des domaines beaucoup plus étendus, et rendre ainsi inutile les expérimentations douloureuses sur des animaux dans de nombreux champs de la recherche médicale ».












Commentaire(s):
Pas de commentaire
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire