2009 a été une année « record » concernant l’alya en provenance des Etats-Unis, avec plus de 4.000 nouveaux immigrants. Du jamais vu depuis…1983 ! L’idéal sioniste est souvent le moteur qui pousse des familles nord-américaines à quitter le Nouveau Continent pour venir s’installer en Israël, mais il ne faut pas négliger un autre élément de plus en plus souvent invoqué : les difficultés économiques croissantes que connaissent les classes moyennes américaines. Parfois, c’est un mélange des deux qui amènent ces Juifs en Terre Promise.
Nissan et Gilan Gertz, arrivés en août 2009 depuis le New Jersey avec leurs trois enfants, se sont installés à Beit Shemesh. « Notre motivation était spirituelle à la base, et pour la première fois depuis 2000 ans, nous pouvons vivre dans un Etat juif souverain », dit fièrement le mari. Mais il avoue dans la foulée « que l’aspect économique a également joué un rôle dans la décision ». La famille dépensait plus de 50.000 $ par année rien que pour les frais d’écoles juives, et les frais de santé sont en constante augmentation ! « Nous avions le sentiment d’être sur un tapis roulant à contresens, marchant et marchant vers nos rêves de confort mais sans les atteindre jamais », dit Nissan.
La crise qui a frappé les Etats-Unis fin 2008 est l’une des principales causes de cette détérioration : la hausse des coûts des écolages juifs est étroitement liée à la chute des aides financières de nombreuses institutions juives ou donateurs privés, frappés de plein fouet par la crise. De plus, le chômage, avec un taux frôlant les 10%, a touché de nombreuses familles juives, et paradoxalement, Israël, qui a mieux su rebondir que les Etats-Unis, a attiré certaines familles pensant trouver de meilleures perspectives professionnelles en Israël.
Par ailleurs, le ministère de l’Intégration a décidé de s’atteler à l’alya des Etats-Unis, en offrant des aides de 4.000$ par adulte et 2000$ par enfant répartis sur les sept premiers mois de présence dans le pays, la gratuité de la scolarité (nouveauté pour les Juifs américains !) et des exemptions d’impôt durant les premières années.
L’organisation juive américaine « Nefesh Be-Nesfesh », qui seconde voire remplace l’Agence Juive aux Etats-Unis apporte elle aussi de nombreuses aides pour celles et ceux qui entreprennent de s’installer en Israël. « Nefesh Be-Nefesh » ne s’occupe pas uniquement d’aider les familles à réaliser leur alya, mais effectue également un travail de fond sur le plan éducatif juif et sioniste auprès d’une population juive certes tournée vers Israël mais numériquement peu encline à l’alya.
Pour Mark Robbins, rabbin qui a fait son alya en août 2009 avec sa famille, « contrairement à d’autres vagues d’alya dues à des persécutions ou des situations politiques instables, les Juifs américains n’avaient pas de raisons impérieuses de quitter leur confort matériel et un pays où ils ont toutes les possibilités de la vie juive. Mais depuis quelques années, les choses changent, et les coûts de l’éducation juive sont devenus parfois insupportables pour des familles moyennes. L’économie est ainsi devenue non pas LA raison, mais l’une des raisons de l’alya de Juifs américains ». Et résumant l’équation : « Ces familles qui étaient sionistes de cœur ont eu besoin du coup de pouce de la crise économique pour mettre en pratique leur amour d’Israël ».
L’économie n’est pas seulement un facteur « négatif » ayant poussé des familles à quitter les Etats-Unis. Elle comporte aussi un aspect très positif dans les nombreuses perspectives offertes par la vivace société israélienne. Yoni Leviatan, 31 ans, de Miami, producteur de musique, dit « avoir été sioniste depuis longtemps, mais dans l’idée d’être un jour enterré en Israël » ! Gagnant beaucoup d’argent, il remettait sans cesse son alya. Mais lors d’un voyage en Israël, il a été « impressionné par le développement du secteur technologique israélien y compris dans son domaine d’activité » et on lui a proposé un emploi très intéressant dans la Société de Technologie Musicale « Waves ».
David Adest, immigrant de Staten Island (NY), rappelle « que ses parents, lorsqu’ils firent leur alya, durent attendre 3 mois avant de recevoir leur appareil téléphonique ». Lui, a obtenu son I-Phone en quelques heures.
Mais malgré la nette augmentation de l’immigration en provenance des Etats-Unis, il ne faut pas se leurrer : il y a encore énormément de réserve dans la judaïcité américaine pour d’éventuels candidats à l’alya, et « Nefseh Be-Nefesh » a encore du pain sur la planche !












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