Les relations entre Israël et la Turquie n’ont pas encore retrouvé leur rythme de croisière et les tensions sont encore palpables, malgré un certain retour officiel à la normale. Ces liens, encore précaires, n’ont pas empêché le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, de faire un nouveau pronostic et d’estimer officiellement que « le terrain était mûr » pour une relance des pourparlers indirects entre Israël et la Syrie avec la médiation de son pays. Il a tenu ces propos dans une interview accordée au journal Al Hayat, paraissant à Londres, ajoutant même que « de hauts responsables américains approuvaient ce processus ».Â
Rappelons qu’Ankara a joué un rôle important, lors du mandat d’Olmert, dans les discussions informelles entre les deux Etats. A l’époque, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait déclaré que Damas avait «obtenu des engagements d’Israël pour un retrait du Golan jusqu’à la ligne du 4 juin 1967″. Quant à Olmert, il avait indiqué qu’Israël était prêt à «aller loin dans les concessions» pour parvenir à un accord de paix avec la Syrie.
Pour en revenir aux estimations actuelles de Davutoglu, ce dernier aurait encore dit au journal londonien qu’il était « optimiste » mais ne pouvait pas donner de date précise pour la reprise du dialogue. Â
Mis à part ces propos que certains jugeront « encourageants », il faut savoir que la tension persiste entre Israël et la Syrie. Damas n’a pas hésité par exemple, la semaine dernière, à accuser Tsahal d’avoir déposé des substances nucléaires dans le site que l’armée de l’Air a bombardé il y a deux ans à Dir a-Zour. Ceci pour détourner les accusations portées contre le régime syrien, selon lesquelles ce site abritait des installations nucléaires développées avec l’aide de la Corée du Nord.
Quant aux relations entre Israël et la Turquie, évoquées plus haut, elles ne sont pas au beau fixe, comme l’a confirmé Amos Yadlin, chef des Renseignements militaires. Lors d’un débat à la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, il a déclaré le mois dernier que l’éloignement actuel entre les deux pays était beaucoup plus sérieux que lors de la dernière crise. Il a même ajouté qu’Ankara « avait complètement changé d’orientation », s’éloignant de la tendance laïque adoptée précédemment pour se rapprocher du courant radical. Cette nouvelle politique, selon lui, toucherait également les liens stratégiques avec Israël, qui ne seraient pas aussi forts que par le passé. Â
Yadlin a encore précisé qu’à l’époque, les autorités turques avaient déployé de nombreux efforts pour se rapprocher de l’Occident, rejoindre l’Otan, faire partie de l’Union européenne et être encore plus impliquées dans le marché américain. Aujourd’hui, la situation aurait changé: « L’Europe leur a réservé un accueil glacial. La Turquie n’a pas obtenu ce qu’elle voulait et a modifié sa politique ».












Tout compte fait
09. mar, 2010
C'est logique: après avoir prétendu qu'Israël n'aurait aucun lien avec les lieux les plus marquants de son histoire, on comprend qu'ils aimeraient que le Golan tombe entre les mains de la Syrie. En espérant que les dirigeants israéliens cessent de jouer aux dupes, car cette mensongère intention de paix cache mal la volonté hostile de la Turquie et sa haine envers Israël.