Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a maille à partir avec une partie des membres de la formation qu’il dirige. Pour lui, le report à une date ultérieure, aussi éloignée que possible, soit de 18 mois, des élections internes du Likoud ne sont pas destinées à lui permettre de mieux régner, mais à donner à un maximum de citoyens la possibilité de rejoindre les rangs de la formation qui doit redevenir la plus importante du pays. Il a vivement critiqué les ministres qui refusent d’approuver sa démarche qui doit, pour être validée, passer par un amendement de la constitution du Likoud:
« Une minorité ne peut soumettre la majorité. Nous n’allons pas nous laisser emporter par des luttes intestines. Nous devons relever des défis primordiaux et l’indifférence est dangereuse. Le bien du parti oblige de respecter la volonté de la majorité, et non pas celle de gens qui sont motivés par des intérêts personnels. » D’autres membres, proches de Netanyahou, ont brandit l’étendard de la menace de voir le parti se disloquer.
Cependant, de nombreux membres ne s’interdisent pas de juger la situation selon leurs valeurs etattaquent Netanyahou sur un autre terrain. Le député Dani Danon a réussi à faire plier le Premier ministre et à le contraindre de réunir le parti pour un vote démocratique quant à sa décision arbitraire d’empêcher les Juifs de Judée-Samarie de construire pendant une période de 10 mois, à dater en principe du 25 novembre dernier.
En effet, le tribunal interne du Likoud a annoncé mardi que la centrale du parti se réunirait pour débattre de la décision du gel de la construction. Le 18 mars devrait se tenir un vote des membres qui seront appelés à se prononcer pour ou contre la décision discriminatoire. Danon exige par ailleurs que ce vote soit secret, mais les chances sont faibles, car Netanyahou et ses collaborateurs les plus proches semblent bien déterminés à s’y opposer.
Danon rappelle le processus entamé par Ariel Sharon, l’ancien Premier ministre du Likoud qui s’était soldée par l’expulsion des Juifs de Goush Katif, dans la bande de Gaza. A l’époque, Sharon s’était entêté à faire fi de la charte du Likoud ainsi que du vote défavorable de ses membres. 59.5%, le 3 mai 2004, s’étaient prononcés contre l’expulsion. Pour finir, et pour être en paix avec lui-même, il avait fondé le parti Kadima.
Les principaux opposants aux démarches gauchisantes de Netanyahou sont le ministre Silvan Shalom, les députés Tzipi Hotoboli, Yariv Levin et la branche du  « leadership juif », présidée par Moshé Feiglin, qui n’a pas pu être député en raison d’une modification de la considération des résultats de vote, initiée par Netanyahou. Les opposants déclarent qu’ils ne font que s’efforcer de faire respecter les valeurs du Likoud, confirmées par écrit dans le règlement du parti. Pour eux, Netanyahou renie ces valeurs et se poste lui-même comme opposant. « Un bon tiers des membres du Likoud ne sont pas d’accords avec Bibi », a avoué l’un des cadres du parti.
Le Premier ministre sent que l’opposition est grandissante, les lois pour dédommager les constructeurs et habitants des villes et villages de Judée-Samarie n’ayant de surcroît rien apporté d’effectif. Livni, directrice de l’opposition, a elle-même rappelé que son parti n’avait jamais entravé la construction dans les grands centres de l’implantation juive. Netanyahou ne se déclare pas perdant, et son planning pour les prochains jours sera fait de nombreux coups de téléphone et entretiens. Les membres actifs ont été convoqués mardi pour écouter ce qu’il avait à leur dire. Des critiques fusent du sein même de son parti, qui lui reproche de transformer la Knesset en centrale du Likoud, car le Premier ministre ne s’attache plus qu’à tenter de convaincre ses membres de soutenir ses démarches politiques. « Il qualifie ses opposants de peureux qui tremblent devant Feiglin. Ces allégations sont ridicules et dénuées de fondement », a exprimé un haut représentant du parti.












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