Le Fonds monétaire international (FMI), crée en 1944, est une institution internationale qui a pour rôle de fournir, en contrepartie de certaines modifications économiques, des crédits aux pays connaissant des déficits extérieurs et des difficultés financières. Le but essentiel est d’éviter un krach économique et de garantir la stabilité du système monétaire international en évitant les grosses fluctuations des monnaies qui ne doivent pas s’écarter de plus de 1% du cours normal.
Depuis 1976, le rôle du FMI consiste à soutenir les pays connaissant des difficultés financières dans le cadre de ses trois grandes missions : accorder des prêts aux pays en difficulté financière, conseiller les membres sur leur politique économique et apporter une assistance technique aux États pour promouvoir leur croissance et leur stabilité. Les difficultés actuelles de la Grèce donnent un éclairage brûlant à cette institution.
La banque des banques nationales
Le FMI joue en fait le rôle de banque pour les banques des États membres. Chaque pays verse chaque année à l’Organisation sa « quote-part » dont le montant évolue en fonction de sa puissance économique (son produit national brut PNB) et de son commerce extérieur. La participation est payée pour 25% en or et le reste en devise locale. En cas de déséquilibre qui risque de menacer l’équilibre monétaire international, chaque pays peut obtenir automatiquement de 25 % à 125% de sa quote-part (« DTS : droit de tirage spéciaux ») pour soutenir sa monnaie nationale. Bien entendu l’octroi de ces crédits passe par une politique d’ajustement imposée par le F.M.I et ses experts, au nombre de 2700, basés à Washington.
La contribution de la France est la quatrième du monde avec 5,05% des participations globales s’élevant à 317 milliards de dollars tandis qu’Israël verse 0,43% et, par comparaison, la Syrie 0,14%. Dans le cadre de sa volonté d’ouverture, Nicolas Sarkozy avait désigné le socialiste Dominique Strauss-Kahn pour devenir le directeur du F.M.I pour un mandat se terminant en 2012, à la veille de l’élection présidentielle. Le président français n’avait pas choisi parmi les siens et avait préféré appuyer la candidature d’un concurrent afin de redorer le blason de la France.
D.S.K superstar
La compétence internationale incontestable de l’ancien ministre français des finances, qui a fait partie de ceux qui ont créé l’euro, a certainement motivé ce choix. Licencié en droit public, docteur en sciences économiques et professeur agrégé de sciences économiques, il est apprécié, bien que socialiste, à la fois des grands patrons et des syndicats, pour son combat contre le dogmatisme et pour la qualité objective de ses conseils et de ses décisions. D.S.K ne cache absolument pas ses origines juives qui au surplus sont mixtes puisque sa mère est juive tunisienne tandis que son père est ashkénaze réfugié de l’est. Il a par ailleurs été longtemps député de la plus grande ville juive de France, Sarcelles.
Sa proximité avec l’ancien directeur adjoint du FMI, Stanley Fisher, permet une collaboration entre Israël et l’institution internationale. Le gouverneur de la Banque d’Israël défend avec vigueur la stabilité de la devise américaine en achetant de manière quotidienne des dollars au point de gonfler les réserves israéliennes qui atteignent à présent plus de 60 milliards de dollars. Signe de prospérité économique, l’Etat d’Israël est en position aujourd’hui de prêter son argent plutôt que d’emprunter. En ce jour anniversaire des 62 années d’existence, l’Etat d’Israël se transforme en créancier tout en prouvant qu’il est sensible à la solidarité internationale. Le gouvernement de Netanyahou avait offert au FMI, en octobre 2009, une ligne de crédit de 1,7 milliards de dollars, sous forme de DTS, qu’il puisera sur ses réserves à la banque d’Israël.
En raison de la crise mondiale et des besoins de plus en plus importants des pays en difficulté, le FMI a demandé aux autorités monétaires de faire un effort supplémentaire et d’apporter une plus grande contribution en puisant dans leurs réserves. A cet effet plusieurs Etats viennent de signer un accord d’emprunt dans le cadre de l’engagement des pays « riches » et émergents du G20 d’apporter 500 milliards de dollars de ressources supplémentaires au FMI. Israël a donc décidé de répondre positivement au Conseil exécutif du FMI en se joignant au programme d’aide aux pays en difficulté. La banque d’Israël n’est pas cependant pas philanthrope puisque ce prêt rapportera des intérêts supérieurs à ceux du marché. Il aura surtout l’avantage de garantir la stabilité monétaire et financière de l’Etat juif tout en lui donnant une image de marque positive auprès de l’opinion internationale grâce à la vitalité de son économie et à la politique éclairée de Stanley Fisher, reconduit à la Banque d’Israël pour un nouveau mandat de cinq ans.












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