Deux éléments concomitants semblent indiquer que le Président américain va au devant de mauvaises surprises au niveau électoral lors des élections partielles au Congrès en novembre prochain.
Il y a premièrement l’offensive de charme, qui ne se cache plus, en direction de la communauté juive américaine. La semaine dernière, c’était une rencontre à la Maison Blanche entre des hauts responsables de la politique américaine, et des Rabbins américains, lors de laquelle les premiers ont admis « avoir brisé la confiance entre Israël et les Etats-Unis depuis leur arrivée au pouvoir ». Puis, c’est, le Président lui-même qui a tenu à rencontrer un groupe de 37 membres juifs démocrates du Congrès US, et leur a avoué : « Je me suis trompé dans mon attitude envers Israël. J’ai abordé le dossier du Proche-Orient comme si j’entrais dans un champ de mines, dans lequel j’ai d’ailleurs laissé plusieurs doigts » !!! Aveu louable, mais qui confirme la naïveté et l’inexpérience que ses détracteurs lui reprochaient dès avant les élections de 2008. Barack Obama a cependant précisé « qu’il reconnaissait avoir commis des erreurs dans l’approche et l’attitude, mais pas sur le fond ». Il s’est dit convaincu « que sa vision de la solution au conflit du Proche-Orient était la seule possible ». Ses hôtes lui ont conseillé « de faire un geste fort en direction d’Israël et de la communauté juive américaine, en se rendant par exemple en Israël dans un délai assez proche ».
Ce changement d’attitude à 180° n’est pas fortuit. Les analystes et stratèges du Parti Démocrates sont aux abois quant aux résultats probables des élections du mois de novembre, lors desquelles la Président risque de voir réduire sa majorité à la Chambre des Représentants, et la perdre carrément au Sénat, ce qui lui serait extrêmement préjudiciable, non seulement à court terme, mais aussi en vue de sa réélection éventuelle en 2012. Ce qui s’est passé mercredi confirme cette crainte, et peut également expliquer cette tentative de reconquête de l’électorat juif. Lors de deux élections importantes, les candidats soutenus par le Président ont nettement perdu. En Pennsylvanie, le sénateur démocrate sortant, Arlen Spektor, a perdu contre toute attente les primaires démocrates pour l’investiture en vue du scrutin de novembre. Spektor, l’un des sénateurs les plus pro-israéliens, était membre du parti Républicain depuis 1981 jusqu’à l’an passé, puis était passé du côté démocrate pensant pouvoir être réélu pour un 6e mandat en novembre prochain avec le soutien de Barack Obama et de l’appareil du parti. Mal lui en a pris, son challenger presque inconnu Joe Sestack l’a emporté avec 10 points d’avance. Et dans une autre élection, dans l’Etat du Kentucky, le candidat du Mouvement de Protestation « Tea Party » a écrasé le candidat démocrate avec 24 points d’avance.
Ainsi, sur quatre élections qui ont eu lieu ces derniers mois, trois ont été emportées par des Républicains face aux Démocrates, et dans celle de Pennsylvanie, « le candidat du Président » a perdu face à un outsider, alors qu’il était noté comme l’un des meilleurs sénateurs qui soient. Joe Sestack, beaucoup moins populaire qu’Arlen Spektor, aura du mal à l’emporter contre le candidat républicain au mois de novembre.
Même si le rapport n’est pas directe entre les deux éléments, il est certain que le Président américain et son entourage sentent la terre trembler sous leurs pieds à quelques mois du « mi-mandat », et qu’ils veulent maintenant reconquérir des électorats importants, dont la communauté juive américaine, majoritairement démocrate certes, mais dont le soutien s’est érodé depuis quelques temps du fait de l’acharnement de l’Administration américaine contre le gouvernement israélien. Dans certains Etats américains, le « vote juif » peut faire la différence.












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